Animaux

L’étonnant étourneau sansonnet

Celui qui vole en nuage

Tout petits, ils forment ces magnifiques nuages qui louvoient dans le ciel. Et même en ville, ce sont ces familières nuées d’oiseaux qui prennent tout à coup leur envol à la tombée de la nuit en hiver. A l’heure où vous rentrez chez vous, l’étourneau sansonnet se regroupe.

Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

On le confond souvent avec le merle noir (Turdus merula) : hormis la période nuptiale où tous deux ont le plumage noir et le bec jaune, l’étourneau sansonnet se distingue par son plumage noir aux reflets verts et violets (alors que le merle noir a le plumage mat) et moucheté de points blancs.

Leur silhouette est également différente : la queue de l’étourneau sansonnet est courte. Elle ne dépasse pas ses ailes, qui sont assez longues. Tandis que chez le merle noir, c’est l’inverse : la queue est longue et les ailes sont courtes. Des ailes qui n’ont pas non plus la même forme : celles de l’étourneau sont presque triangulaires, larges à la base et pointues au bout.

Guide ornitho
Prix mis à jour le 29-11-2020 à 10:11 PM.

Étourneau sansonnet : un vol énergique

Des ailes qui battent vite et de façon ininterrompue en vol : un vol rapide et spectaculaire. D’ailleurs, même lorsqu’il se ravitaille au sol, l’étourneau se déplace de place en place l’autre en volant. Seulement lorsqu’il se dirige vers son dortoir, il se prend à planer.

Étourneau sansonnet, un oiseau nicheur

Cosmopolite, l’étourneau sansonnet se retrouve depuis le nord de l’Atlantique (Irlande, îles nord-britanniques, Açores, Madère et Canaries), jusqu’aux confins du continent eurasiatique, au niveau lac Baïkal.

Pour vivre, l’étourneau a besoin de milieux ouverts pour son alimentation au sol (prairies, pelouses, cultures, jardins, vergers, etc) et de cavités pour nicher : creux d’arbres, anfractuosités des murs et toitures, voire équipements urbains (lampadaires).

Son alimentation

Bien qu’omnivore, l’étourneau sansonnet est surtout un insectivore : arthropodes (insectes, myriapodes, arachnides), vers de terre voire petits mollusques des laisses de mer. Tout ce qui est à portée de bec à faible profondeur.

En toute saison, l’étourneau sansonnet fait aussi provision de fruits, au grand dam des arboriculteurs et viticulteurs. De l’autre côté de la Méditerranée, ce sont les oliveraies qui en sont pour leurs frais.

L’étourneau sansonnet juvénile

O qu’ils sont jolis, ces œufs bleu-vert. Une première ponte au printemps, une deuxième rapidement. C’est là, que les parents ont pas mal de boulot : un oisillon a besoin d’être nourri en moyenne cent fois par jour, puis six-cents fois par jour au bout de trois semaines. Un petit étourneau est un vrai glouton !



Et là, ce n’est pas mauvais pour l’agriculture : les étourneaux sansonnets ratissent un maximum d’insectes, pour nourrir leur progéniture. Un vrai rôle écologique.

Étourneau sansonnet, un très grand grégaire

Ils sont des milliers, à prendre leur envol ensemble : on en a même recensé jusqu’à un million en même temps. Tous ces étourneaux sansonnets forment alors un nuage sombre et ondulant dans le ciel.

Le plus étrange est que ces milliers d’étourneaux sansonnets volent alors et changent tous de direction exactement en même temps. Une synchronisation consciente, dont les scientifiques n’expliquent pas encore la perfection.

Comment s’appelle le vol des étourneaux ?

Cette synchronisation est appelée le « murmure des oiseaux », car nous percevons le bruissement de leurs battements d’ailes.

Le murmure des oiseaux
Le murmure des oiseaux

Pourquoi les étourneaux se rassemblent ?

Cet instinct grégaire très bien orchestré est une technique de protection contre les prédateurs : à plusieurs, les étourneaux sansonnets sont moins la proie des aigles et des éperviers.

La nuit en dortoirs

Hormis lorsqu’il se reproduit (et encore), l’étourneau sansonnet vit (son espérance de vie est d’en moyenne 5 ans) en groupe. Il passe la nuit littéralement en dortoirs communautaires.

Étourneau sansonnet, un migrateur partiel

Si ce spectacle a surtout lieu en hiver, c’est que les étourneaux sansonnets du nord de l’Europe sont venus passer l’hiver chez nous. Et beaucoup prennent alors les couloirs de migration vers l’Italie et le nord de la péninsule ibérique.

Ou vont passer les frimas dans le Var ou les Alpes maritimes, à la seule exception de la Corse.

L’étourneau sansonnet en ville

Opportuniste pour sa nourriture, l’étourneau sansonnet cohabite volontiers avec l’homme. Si bien que ces envolées en groupe font partie de notre paysage urbain hivernal.

Normalement, l’étourneau est un oiseau diurne, silencieux la nuit : mais l’éclairage urbain perturbe ses points de repère, d’où ses envolées bruyantes alors que la nuit est déjà tombée.

L’étourneau sansonnet fait-il des dégâts ?

L’étourneau a beau être un petit passereau, la force du nombre a quelques effets : l’acide urique de ses fientes corrode la peinture des carrosseries de voitures et des bâtiments.

A la campagne, un vol d’étourneaux sansonnet est une vraie razzia sur les graines qui viennent d’être semées. Et sur les fruits et vignes. Mais, encore une fois, ils sont aussi des dévoreurs d’insectes.

Un oiseau commun

Commun, l’étourneau sansonnet n’est pas en danger, même s’il y a le droit de le chasser et s’il peut être classé comme nuisible (sur décision municipale ou préfectorale).

En Europe, la population d’étourneaux sansonnets est estimée à environ vingt-trois millions de couples. En France, elle l’est à six millions de couples.

Pour en savoir plus

La rédaction de Touvert.fr vous invite à découvrir ces autres articles :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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