Animaux sauvages

Espèces menacées : ce constat tellement inquiétant

La 6e crise d'extinction de la biodiversité

Vivra-t-on un jour sur une planète vidée de sa faune et de sa flore sauvages ? Non, car cela est impossible. Pourtant, au-delà de l’ours polaire famélique sur son bout de banquise à la dérive, le nombre d’espèces menacées par l’Homme est impressionnant. Sans compter les espèces dont nous ignorons l’existence, qui disparaissent aussi.

Espèces menacées : ce constat tellement inquiétant

Liste rouge des espèces menacées

Fondée en 1948, l’ONG qu’est l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est une référence mondiale en terme d’inventaire de la faune et de la flore mondiale. Elle réunit plusieurs États et agences gouvernementales, mais aussi plus d’un millier d’ONG et 10 000 experts et scientifiques.

La liste rouge de l’UICN est l’un indicateurs les plus fiables de l’état de la biodiversité dans le monde. Cet inventaire fait état d’une espèce de mammifères sur quatre, menacée d’extinction, d’une espèce d’oiseau sur sept, de plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères. En mer, 37% des requins et raies et 33% des coraux constructeurs de récifs sont menacés d’extinction.

La 6e crise d’extinction biodiversité

En 2021, 40 084 des 142 577 espèces étudiées par l’UICN ont été classées menacées d’extinction. Ce qui est inquiétant est l’accélération de l’érosion de la biodiversité : outre certaines espèces emblématiques, d’autres sont aujourd’hui menacées dont nous ignorons l’existence, alors qu’elles participent de l’équilibre de écosystèmes.

Aujourd’hui, 99% des espèces ayant existé sur Terre, et ayant donc participé de la constitution et de l’évolution des écosystèmes, ont disparu. Cette 6e crise d’extinction de la biodiversité correspond à une accélération de son érosion d’environ 1000 fois supérieure à la normale.

Quelles sont les causes de l’extinction des animaux ?

Espèces menacées : des pressions multiples

Cette accélération est directement liée à l’impact de l’être humain sur la planète. Les espèces menacées subissent les pressions :

  • du réchauffement climatique,
  • de la pollution des eaux,
  • de leur surexploitation et du braconnage,
  • de la destruction de leur habitat, celle-ci par destruction directe (bétonisation, rupture des trames vertes et bleues),
  • mais aussi incendies, épisodes de sécheresse, etc.

Espèces menacées dans les forêts primaires

Les forêts primaires sont le principal réservoir terrestre de biodiversité. Situées au Brésil, en République Démocratique du Congo, en Indonésie et en Russie, ces forêts à la biodiversité intacte, ne représentent plus que 36% des espaces boisés de la planète.

Chaque année, 15 millions de forêts primaires son détruites par l’Homme, notamment pour l’exploitation illégale de bois précieux ou encore, tel qu’en Indonésie, la plantation d’huile de palme.

Espèces menacées et espèces invasives

S’y ajoutent les déséquilibres créés par les espèces invasives, qui colonisent un milieu aux dépens de la biodiversité autochtone.

Au monde, la première espèce invasive est l’écrevisse de Louisiane. En France, elle est une plaie du marais poitevin. Parmi bien d’autres espèces invasives, le frelon et la coccinelle asiatiques.



Espèces menacées par la jussie

Côté végétaux, deux des trois espèces de jussies sont invasives. Ces plantes amphibies colonisent les eaux douces dont elles détruisent le milieu. Elles sont également à l’origine d’une hausse de la mortalité des poissons, incapables de se faufiler entre les mailles de ce filet végétal. C’est désormais le cas de façon récurrente en Brière et dans le Tarn.

Espèces menacées à cause de la mondialisation des mers

Les scientifiques observent avec inquiétude un déséquilibre des espèces marines au profit d’une mondialisation des espèces, là aussi au détriment de la biodiversité autochtone.

Pour la seule mer Méditerranée, déjà soumise à une pression anthropique record, entre le réchauffement climatique, la pollution aux nanoparticules de plastique, etc, plusieurs espèces invasives ont un rôle destructeur pour les autres espèces.

C’est la cas du poisson-lapin, véritable tondeuse des mers, qui dévore l’herbier de posidonie, le substrat végétal de la Méditerranée qui sert de nursery aux espèces autochtones.

Quelle sont les espèces menacées ? Les plus emblématiques

Une cinquantaine d’espèces sont emblématiques de cette accélération de l’érosion de la biodiversité. Certaines ne sont d’ailleurs pas à l’autre bout du monde, mais dans notre environnement immédiat.

Espèces menacées : orang-outang, singe dans un zoo malheureux
L’orang-outang, menacé de disparition

Espèces menacées d’ici à 2050

D’ici à 2050, cinq espèces menacées sont en haut de liste au regard du risque pour leur survie. C’est la cas :

  • du panda géant,
  • du tigre du Bengale,
  • de l’éléphant d’Asie,
  • du grand requin blanc
  • et de la tortue.

Liste non-exhaustive, à laquelle s’ajoute la baleine bleue (dont en un siècle, la population est passée de 250 000 à 50 000), l’orang-outang des forêts tropicales indonésiennes, le pré-historique poisson-lune, l’hippocampe qui sert d’aphrodisiaque en Chine, la raie manta, le requin baleine.

Le panda

Le logo du WWF ne représente plus qu’un millier d’individus à l’état sauvage. Le panda se nourrissant de bambous, leur habitat est largement détruit en Chine. En dépit des projets de protection élaborés, le panda reste l’emblème des espèces menacées de disparition.

L’ours blanc

Le maître de la banquise ne connaît pas de prédateur. Mais, on le sait, le réchauffement climatique a rendu très vulnérable l’ours polaire. Alors qu’il se nourrit de phoques que son odorat lui permet de repérer à des kilomètres de distance, nous avons tous vu cet image d’un ours famélique, empêché de parcourir cette distance sur une banquise fragilisée par sa fonte. Au nombre de 25 000 individus, la population des ours polaires pourrait disparaître d’ici à 2100.

Espèces menacées : l'ours polaire sur la banquise en quête de nourriture
Ours polaire victime du changement climatique

Le tigre du Bengale

Présent dans la région des Subardans (dans le delta du Gange), le tigre du Bengale a déjà vu sa population se réduite de plus de 90%. Il n’en reste plus que 4 000 individus. Le tigre du Bengale pourrait disparaître sous la montée des eaux due au réchauffement climatique, cette région de mangroves étant à moins d’un mètre au-dessous du niveau de la mer.

Ces mangroves abritent des daims, également en nombre réduit, les feuilles des arbres dont ils se nourrissent se raréfiant. De plus, elles sont une barrière contre les cyclones. Ainsi, lors du tsunami de 2004, les villages protégés par ces mangroves ont enregistré moins de victimes qu’ailleurs.

L’éléphant d’Asie

L’éléphant est aujourd’hui le plus gros animal terrestre. Symbole de sagesse en Asie, le mâle y est victime de braconnage pour ses défenses en ivoire, supposées être aphrodisiaques. Il ne reste plus que 50 000 éléphants d’Asie à l’état sauvage, sa population ayant été réduite de 50% sur trois générations. En outre, cette population souffre de déséquilibre entre le nombre de mâles et de femelles.

Le commerce illégal de l’ivoire des éléphants est aux mains d’une criminalité internationale, qui le cumule avec la corruption des États et le blanchiment d’argent.

Le requin-baleine

C’est le plus grand poisson au monde. Le requin-baleine est en même temps un marqueur de la santé des océans, car ce requin filtre 2000 tonnes d’eau par heure, pour se nourrir de plancton et petits crustacés.

Bien qu’habitant toutes les eaux tempérées des océans du monde, le requin-baleine se concentre beaucoup dans l’océan indien, où le tourisme est une vraie pollution de son habitat. Surtout, le requin-baleine fait partie des requins pêchés pour ses ailerons, dont le corps mutilé est rejeté à la mer. Cette pratique en a fait chuter la population de 60% en 75 ans.

Les animaux disparus

Des animaux disparus ou presque…

Le dodo

Endémique de l’île Maurice, le dodo est devenu l’archétype des espèces dont la disparition est due à l’Homme. Présent jusqu’en 1680, le dodo a disparu de l’île avec l’arrivée des Européens sur l’île.

Le rhinocéros blanc

Le rhinocéros blanc a frôlé l’extinction dans les années 1980, en raison de son braconnage pour la kératine de ses défenses. Il ne doit sa survie qu’in extremis, aux programmes de réintroduction menés en Afrique du Sud, puis au Botswana, au Kenya, en Namibie, en Ouganda, au Swaziland et au Zimbabwe, ainsi que par la lutte contre ce trafic illégal.

espèces menacées d'extinction : couple de rhinocéros blanc qui a frôlé l'extinction
Le rhinocéros blanc fait partie des espèces menacées d’extinction

Les espèces menacées en France

Selon, l’UICN France, pour le seul territoire métropolitain :

  •  14% des mammifères,
  • 24% des reptiles,
  • 23% des amphibiens,
  • 19% des poissons d’eau douce,
  • 28% des crustacés d’eau douce
  • et 32% des oiseaux nicheurs

sont menacés de disparition.

Parmi les espèces protégées, citons les hérissons, les écureuils, les castors, les loutres, les loups, les lynx, les ours, les vipères aspic, les salamandres noires.

Le cas des abeilles

Vitales pour l’Homme par leur rôle pollinisateur, les abeilles sauvages subissent une dangereuse hécatombe.

L’agriculture intensive est la principale menace pour les abeilles, à la fois par le recours aux produits chimiques, véritable poison pour les abeilles, et par la destruction de leur habitat, les vastes superficies de monoculture n’étant pas des plantes mellifères.

La menace qui pèse sur les abeilles permet de se rendre compte, s’il en était besoin, de l’impact actuel de l’Homme sur la biodiversité.

Comprendre la biodiversité: Vrais problèmes et idées fausses
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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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