Bien-être et santé

Encens : des substances qui donnent à méditer

Des fumigations controversées

Méditation, yoga, cérémonies religieuses : les parfums émanant de l’encens nous invitent souvent à la détente et à l’évasion des sens. Pour autant, ces fumées sont-elles inoffensives pour notre santé ? Que doit-on penser des encens naturels qui foisonnent sur la Toile ? Enquêtons sur ces poudres, résines et bâtonnets… qui ne nous veulent pas forcément que du bien.

Définition de l’encens : de la plante aux fumées

Que cache exactement le terme « encens » ? Avant l’avènement des fameux bâtonnets que nous connaissons tous, il s’agissait d’une gomme-résine aromatique issue du Boswellia sacra, un arbre originaire de la péninsule arabique et de la corne de l’Afrique. On la connaît également sous la dénomination d’oliban. Présente avec la myrrhe dans les mélanges odorants des Égyptiens, elle est également mentionnée dans la Bible – elle fait d’ailleurs partie des présents offerts par les mages au Christ. On la rencontre aujourd’hui en gélules sous forme d’extraits pour ses propriétés anti-inflammatoires.

C’est plus tardivement que son sens initial a migré, pour désigner toute substance libérant des effluves agréables une fois chauffée ou brûlée. On rencontre ainsi l’encens sous diverses formes, plus ou moins transformées :

  • Les résines brutes, bois odorants ou épices en poudre : simplement écrasés, ils nécessitent un brûleur ou un charbon ardent pour leur combustion ;
  • Les cordelettes : elles consistent en un papier de riz torsadé contenant des poudres aromatiques, dont on enflamme une extrémité ;
  • Sous forme de boulettes : les substances parfumées sont mêlées à du miel ou de la mélasse, subissent une fermentation, puis sont façonnées en petites billes de la taille d’un pois chiche qui seront ensuite brûlées.
  • Les bâtonnets, cônes ou encens pressés : ils sont confectionnés à base de poudres, d’huiles parfumées et de charbon, de salpêtre ou d’écorce de tabu pour faciliter la combustion.

Encens en bâtonnets

Pratiques et populaires, les bâtonnets d’encens connaissent différents modes de fabrication selon les cultures. L’encens népalais se présente en forme de cordelettes spiralées. L’indien s’articule autour d’un bâton en bambou. Quant au japonais, il résulte d’une pâte travaillée à la meule, puis découpée en forme de spaghettis. Dans tous les cas, il suffit d’allumer l’extrémité du bâtonnet, puis de le laisser se consumer doucement.

Quels sont les bienfaits de l’encens ?

Depuis des millénaires, les fumigations de bois ou de plantes sont réputées pour le sentiment d’apaisement, de sérénité, et d’élévation spirituelle qu’elles procurent. Leur action physiologique est simple : agitées par la chaleur, les molécules odorantes se répandent dans l’air ambiant et atteignent nos fosses nasales. Le nerf olfactif ainsi sollicité transmet ce message « positif » au cerveau limbique, centre névralgique de nos émotions. Il en déboucherait un rééquilibrage du système neurovégétatif et hormonal.

Quel encens choisir pour quel usage ?

Chacun délivre un parfum d’ambiance différent, qui renferme une connotation bien particulière. Voici quelques idées de fumigations en vrac :

  • Pour une atmosphère purifiante, on revient aux classiques : oliban, myrrhe, sauge ou benjoin.
  • Pour un instant relaxation et détente, le benjoin, le santal, le storax ou la cannelle seront parfaits.
  • Pour se préparer au sommeil, on se tourne vers le santal, la cannelle et le bois d’agar.
  • Pour élever sa conscience lors d’un exercice méditatif, on convie à sa séance l’oliban, le mastic, le cèdre, le santal, le myrte ou le bois d’agar.
Il s'invite souvent dans les rituels religieux
Il s’invite souvent dans les rituels religieux

Est-ce que l’encens est mauvais pour la santé ?

Malheureusement, tout n’est pas si rose avec l’encens. L’étude EBENE menée en 2017 par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la sécurité de l’énergie) a comparé les émissions de polluants volatils et particulaires en conditions réalistes générées par 9 bâtonnets d’encens, 9 bougies parfumées et une lampe à catalyse.

Résultat : la combustion de l’encens produit des concentrations relativement élevées en benzène, toluène, éthylbenzène, styrène, formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine, ainsi qu’en HAP (Hydrocarbures Aliphatiques Polycycliques). En somme, un mélange de substances cancérigènes et de perturbateurs endocriniens.



Un constat d’ailleurs appuyé par le magazine Que Choisir dans son enquête de 2015. Il estime ainsi qu’« on peut respirer plus de benzène assis confortablement dans son salon qu’en se promenant dans une rue embouteillée ».

De quoi s’inquiéter pour de bon ? L’Ademe précise tout de même qu’ « aucune situation préoccupante n’est attendue pour les expositions chroniques associées aux usages les plus courants ». Toutefois, des fumigations à fréquence répétée, dans une pièce exiguë, ou dans un lieu où l’air est peu renouvelé, élève dangereusement les niveaux d’exposition à ces toxines.

Encens naturel : une bonne alternative ?

Qu’on se le dise, la combustion de l’encens génère toujours des composés volatils. Toutefois, certains produits présentent une composition plus délétère. Proscrivez absolument les baguettes de bambou premiers prix, faisant bien souvent intervenir parfums de synthèse et solvants toxiques. Attention également à l’appellation « encens traditionnel », qui englobe à peu près tout et n’importe quoi.

Si vous tenez absolument à votre rituel parfumé, privilégiez les plus simples possible, certifiés « 100 % naturels » et composés uniquement de substances végétales identifiées. Notez également que les émissions de fumée dépendent du type d’encens choisi : si les japonais n’en produisent quasiment pas, les indiens en dégagent abondamment.

Mais quel que soit votre choix, deux règles d’or prévalent : aérez bien votre pièce une fois la fumigation terminée… et n’abusez pas de cet instant plaisir trop souvent.

La sauge : une alternative naturelle de choix
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