Santé au naturel

Electrosensibilité, ce syndrome encore inconnu

Les ondes mises en cause

Mal à la tête, nausées ou vertiges sans raison apparente ? Au regard de notre environnement numérique, l’électrosensibilité n’est pas une vue de l’esprit. Bien que sans preuve scientifique, les institutions publiques préfèrent en faire une question de santé publique. Premier en cause, l’usage immodéré de notre téléphone portable.

Electrosensibilité, ce syndrome encore inconnu

Électrosensibilité ou HSM

L’électrosensibilité ou hypersensibilité électromagnétique (HSM) est une intolérance aux ondes électromagnétiques.

Dès 2015, une femme affirmant souffrir d’électrosensibilité a vu son invalidité prise en charge, la justice ayant tranché en faveur de son droit à l’allocation adulte handicapé (AAH). Mais si, pour la première fois, une personne revendiquant ce type de souffrance a été prise en charge, il ne s’est pas agi d’une reconnaissance de ce syndrome controversé.

Qui est hypersensible ?

Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), environ 5% de la population française serait électrosensible, soit 3, 3 millions de personnes.

Dans l’absolu, tout le monde est électrosensible, le corps humain étant constitué de 60 à 75% d’eau et les champs électromagnétiques ayant un impact sur l’eau. La médecine reconnaît également l’impact des ondes électromagnétiques sur les fonctions cellulaires et neurologiques.

Quelles ondes en question ?

Champs à basse et très basse fréquence

Les sources de champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences sont principalement les lignes hautes tensions (aériennes ou enterrées) et les transformateurs.

Les basses fréquences sont émises par les installations électriques et tous les appareils électriques sous tension, de la cafetière à la plaque à induction en passant par les écrans d’ordinateurs.

A exposition proche et continue, les effets potentiels reconnus en sont une stimulation sensorielle des nerfs et de muscles, et un effet sensoriel de flash lumineux.

Les sources de champs statiques

Les sources de champs statiques concernent les équipements fonctionnant avec du courant électrique continu : les équipements industriels fonctionnant avec des aimants tels que l’électrolyse, certains postes de soudage. Dans le domaine médical, les sources de champs statique sont les IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) et les implants médicaux, à la puissance limitée.

Là aussi à la condition que l’exposition soit intense et continue, les symptômes déclarés sont des vertiges, nausées, maux de tête, un goût métallique ou des troubles auditifs.



Champs à haute fréquence

Les sources de haute fréquence sont principalement émises par les fours à micro-ondes et les applications de radio fréquences que sont la téléphonie mobile (2G/3/4/ et bientôt 5G), la téléphonie sans fil, le Wifi, les antennes relais, la radio, les objets connectés et les compteurs communicants.

électrosensibilité et four à micor onde : personne réchauffant un plat au micro onde

Les sources de champs électromagnétique sont présentes à domicile, au bureau, dans les transports, les lieux publics, etc. Elle ont un effet reconnu sur l’échauffement des tissus du corps humain.

Causes et conséquences possibles de l’électrosensibilité

Les extrêmement basses fréquences

En 2002, le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) avait classé les champs d’extrêmement basses fréquences (les lignes à haute tension) comme « cancérogènes possibles pour l’homme », dès lors que l’exposition est élevée (supérieur à 0,3 à 0,4 µT- Tesla – par 24 heures) et dans un rayon proche (50 mètres). Le Circ avait alors étudié l’impact d’une exposition élevée d’enfants de moins de 5 ans et de lien avec une leucémie, estimant le risque en-deçà du « probable », faute de preuves scientifiques.

La téléphonie mobile

En 2011, le Circ a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme « peut‐être » cancérogènes pour l’homme. Ce classement a été effectué au regard de l’augmentation de 40% du risque de gliome, soit les 2/3 des cancers du cerveau, chez les grands utilisateurs de téléphone portable (30 minutes au total par jour, pendant 10 ans).

Le Dr Jonathan Samet (Université de Californie du Sud, États‐Unis), Président du Groupe de Travail qui avait réuni une trentaine de chercheurs de 14 pays, avait indiqué que « les données, qui ne cessent de s’accumuler, sont suffisantes pour conclure à la classification en 2B. » (2B étant la classification « peut‐être » cancérogène).
Cette classification n’impliquait pas les autres formes de cancer. Le Circ a fait une question de santé publique l’usage du téléphone portable au monde, dont l’usager est de plus en plus jeune. L’âge moyen est désormais d’une douzaine d’années, avec un usage quotidien à long terme.

téléphone portable possible cancérogène : électrosensibilité

La position de l’Anses : pas de test à l’électrosensibilité reconnu

Pour sa part, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que s’il n’y a pas aujourd’hui « en l’état actuel des connaissances » de « critères de diagnostic de l’hypersensibilité électromagnétique (EHS) validés », elle doit être prise en compte de façon adaptée, sur la base des auto-déclarations de la personne qui en souffrent. L’Anses souligne que les symptômes décrits par ces personnes correspondent à une « réalité vécue ».

Quels sont les symptômes de l’électrosensibilité ?

L’une des difficultés réside dans la non-spécificité des symptômes de l’électrosensibilité, de surcroît non expliqués d’un point de vue médical, qui peut correspondre à bien d’autres pathologies : insomnies, maux de tête, déprime ou dépression, douleurs musculaires et articulaires, troubles digestifs, de troubles cutanés, acouphènes, problèmes de vertiges et ou de pertes d’équilibre, nausées, fatigue chronique, de troubles de la mémoire et de la concentration.

Au total, une quarantaine de symptômes non spécifiques sont recensés.

Par ailleurs, l’Affset n’exclut pas le lien entre une exposition aux ondes électro-magnétiques et les pathologies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer.

Mal de tête, un symptôme de l'électrosensibilité

Électrosensibilité : s’en prémunir

Consultation pour électrosensibilité

Si vous souffrez de certains de ces maux sans explication, il faut bien sûr toujours consulter. Et évaluer votre environnement quotidien. Plus difficile de s’abstraire du champs des ondes en ville.

Un environnement le plus sain possible

Sur un lieu de travail, la réglementation existe pour limiter et faire contrôler l’exposition aux ondes.

L’univers le plus compliqué est le domicile, entre le Wifi et les téléphones portables de chacun. Il reste pourtant possible de renoncer au Wifi pour se connecter à internet en filaire, et d’éliminer toute source d’ondes magnétiques dans les chambres à coucher. Il n’est vraiment pas indispensable de dormir avec son téléphone portable sous l’oreiller.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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