Transports

Ecotourisme : découvrir le monde de manière responsable

Quand voyager rime avec respect

Découvrir la planète sans la détruire, telle est l’ambition légitime de l’écotourisme. Sauf qu’il représente un enjeu économique important. Apprenez à trier le bon grain de l’ivraie.

Tourisme : contexte et enjeux

Tourisme et économie

Le tourisme mondial se positionne au premier rang des échanges internationaux devant le transport et les produits pétroliers. Il pèse près de 600 milliards d’euros annuels, avec près d’un milliard de touristes par an, soit 20% de la population mondiale.

Le corollaire en est le sud-Sahara transformé en poubelle de déchets non-biodégradables, des puits mauritaniens en passe d’être à sec pour les populations pour cause de douches des touristes, le sol du nord de l’Islande dévasté par l’invasion de tentes à touristes. Des exemples de désolation parmi d’autres.

Tourisme et émissions de gaz à effet de serre

Le secteur du tourisme est exposé aux effets du réchauffement climatique à la fois par l’impact de celui-ci sur les sites naturels remarquables, et par son rôle de contributeur aux émissions de gaz à effet de serre.

Le tourisme mondial est responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre (source : la revue Nature Climate Change). Pour certaines destinations insulaires telles que l’île Maurice, Chypre, les Maldives, les Seychelles, le tourisme pèse jusqu’à 80% de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Tourisme et devises

Le tourisme est donc un secteur important de l’économie mondiale, avec une croissance avant la pandémie de coronavirus de 4% pour le tourisme international, de 10% pour l’écotourisme ou tourisme vert.

Ecotourisme : définition

Pourquoi et comment est né l’écotourisme ?

L’écotourisme s’est développé aux États-Unis au début des années 1980 dans la foulée du mouvement environnemental, en lien avec les préoccupations environnementales, l’attrait pour le plein-air, et en réaction au tourisme de masse.

Dès le début des années 1970, le Service des Forêts du Canada faisait la promotion d’écotours le long de la Transcanadienne, les 8000 kilomètres de réseau routier reliant du Pacifique à l’Atlantique, les dix provinces du Canada.

Tente indienne plantée dans la neige en forêt : rondins de bois et feu pour se réchauffer
Une nuit sous une tente indienne en hiver : une expérience unique

Ancien directeur de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) Gerardo Budowski est considéré comme le pionnier du concept d’écotourisme. Dans son article Tourism and Environmental Conservation : Conflit, « Coexistence or Symbiosis ? », il expose la relation potentiellement conflictuelle entre le tourisme et l’environnement naturel, mais qu’un potentiel existe pour une relation basée sur les bénéfices mutuels.



En 1983, l’architecte mexicain Héctor Ceballos-Lascurái définissait quant à lui l’écotourisme comme “une forme de tourisme qui consiste à visiter des zones naturelles relativement intactes  ou peu perturbées, dans le but d’étudier et d’admirer le paysage et les plantes et  animaux sauvages qu’il abrite, de même que toute manifestation culturelle (passée et présente) observable dans ces zones.”

Organisation Mondiale du Tourisme

En 1992 par la Société internationale d’écotourisme a donné une définition actualisée en 2015 : « L’écotourisme est un voyage responsable dans des environnements naturels, en aidant à la conservation de l’environnement et en ayant un impact positif sur les conditions de vie des populations locales, tout en contribuant à l’éducation des voyageurs ».

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) fait de l’écotourisme l’une des branches du « tourisme durable » : l’écotourisme tend à minimiser l’impact sur l’environnement pour le préserver à long terme. Mais il est davantage centré sur la découverte des écosystèmes et implique une participation active des populations locales et des touristes à la sauvegarde de la biodiversité.

Où se pratique l’écotourisme ? Exemples de pays emblématiques

Écotourisme au Costa Rica

Référence mondiale de l’écotourisme, le Costa Rica a son territoire recouvert de 34% de forêt tropicale humide, abritant 6% de la biodiversité planétaire. La stabilité politique du Costa Rica a favorisé la protection de ce patrimoine naturel, grâce à des aires protégées le préservant de l’agriculture et de la déforestation.

Les prospectus vantent la luxuriance de la nature, ses 13 000 espèces de plantes, 6 000 espèces de papillons,163 espèces d’amphibiens, 1 600 espèces de poissons, de quoi photographier singes, tapirs et paresseux. Sauf que l’engouement pour l’écotourisme au Costa Rica a fait céder au développement de chaînes d’hôtel sur la côte Pacifique, au mépris du respect du traitement des eaux usées et de la préservation de la mangrove.

Groupe de toursites visitant le costa rica sur un fleuve
La découverte du Costa Rica en barque

Le dilemne des Galapagos

C’est sur cet archipel équatorien que Charles Darwin a développé sa théorie de l’évolution. Les Galapagos restent un paradis sur terre, avec 97% du territoire protégé. Bâti strictement encadré, pastique banni, énergies renouvelables y compris pour alimenter l’aéroport, les Galapagos sont le sanctuaire naturel des scientifiques et des surfeurs chanceux, qui se partagent l’espace avec les tortues marines.

Une ombre au tableau ? Le tourisme uniquement vert est lié au billet vert : l’économie de l’Equateur est dollarisée, si bien que l’écotourisme est une source économique qui exerce sa pression sur l’archipel.

Les activités d’écotourisme à Madagascar

A Madagascar, l’économie est basée sur l’agriculture, à l’origine d’une forte déforestation. En l’occurrence, l’écotourisme représente à la fois une rentrée de devises et une alternative à la déforestation.

L’île Rouge abrite 5% des espèces animales de la planète. L’Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP) gère le réseau des parcs et réserves de Madagascar et promeut l’écotourisme pour protéger les espèces endémiques. Parmi les expériences concluantes, le parc national d’Ankafarantsika.

Madagascar : baobab et charrette, le nouvel écotourisme
Madagascar en charrette

Comment bien faire de l’écotourisme ?

Éthique et généreuse, dès lors qu’elle inclut du tourisme solidaire, la démarche écotouristique représente un fort enjeu économique, qui implique de discerner les vraies bonnes pratiques des offres en apparence écolos.

Écotourisme : les labels en France

Les labels permettent de s’y retrouver dans les offres écotouristiques, en signalant celles qui se soumettent aux contrôles de respect des critères environnementaux et humains. Ainsi, La Clef Verte signale qu’un établissement touristique a une gestion environnementale des déchets, de l’eau, de l’énergie, et s’engagent dans des actions d’éducation à l’environnement auprès de leurs employés et clients.

Créé par le WWF en 1993, le label gîte Panda concerne des hébergements (gîte rural, chambre d’hôtes, gîte de séjour, gîte d’enfants) situés dans un parc naturel régional ou national et qui répondent à différents critères concernant l’environnement naturel (proximité de lieux d’observation de la nature, existence de sentiers pédestres par exemple).

Le label « Station Verte » est délivré aux communes touristiques de moins de 10 000 habitants situées en milieu rural ou montagnard qui ont signé la charte. Les engagements des communes portent sur les critères de la protection et valorisation du patrimoine naturel et culturel, l’aménagement des espaces publics, les activités proposées aux touristes. Une charte spécifique a été créée pour les villages de neige. 500 communes en France sont labellisées “Station Verte”.

Au total, une trentaine de labels garantissent le tourisme vert, dont :

  • Accueil Parc naturel régional,
  • Accueil Paysan,
  • Chouette Nature,
  • Green Globe, etc.

L’Hexagone est suffisamment bien pourvu en sites écotouristiques, que l’ont soit plutôt :

  • mer (Cassis, Antibes, Seignosse dans les Landes, Pornic en Loire-Atlantique),
  • montagne (Chamrousse, Chamonix, Megève)
  • ou encore Dordogne (vallée de la Vézère).

Les destinations exotiques

Si vous avez des envies d’escapade écotouristiques plus éloignées, il existe désormais des plateformes de réservation et agences de voyages engagées, telles que Oiseaux de passage et We Go Green Vert.

Pour préparer votre voyage, préférez une destination et une période de l’année échappant à l’effet “sur-tourisme”, une réservation sans intermédiaire et un logement labellisé. Consultez également les blogs spécialisés, qui fourmillent d’informations utiles de terrain. Parmi ceux-ci, “Explore la monde” est une très bonne référence.

écoutourisme et marche
La marche pour voyager à son rythme

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’écotourisme ?

Les avantages

Ils sont nombreux, comme déjà cités dans les exemples. Il permet un développement économique local, sans pression sur le patrimoine naturel et dans le respect des populations.

Les limites de l’écotourisme

Mais attention justement à cette pression. Certains entrepreneurs peu scrupuleux surfent sur la vague du tourisme vert pour développer des prestations et activités touristiques qui flirtent avec le Greenwashing. A chacun de se renseigner avant de partir !

Si vous faisiez du volontourisme ?

Admirer des paysages époustouflants n’empêche pas de contribuer à la préservation de l’environnement, en participant au ramassage de déchets. Cela vous fera même faire de saines rencontres.

Voyages zéro carbone en France
Prix mis à jour le 22-05-2022 à 4:39 AM.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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