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Économie circulaire : le modèle économique de demain

La fin du tout jetable

Construit en opposition à l’économie linéaire, l’économie circulaire propose un nouveau modèle économique plus respectueux de l’environnement. Sur quels principes se fonde-t-elle ? Pourquoi répond-elle mieux aux enjeux du monde d’aujourd’hui ? Focus sur cette organisation qui repense en profondeur notre rapport à la consommation.

Économie circulaire : définition simple

L’économie circulaire se définit comme la production durable de biens ou services, réduisant au maximum le gaspillage des ressources et la génération de déchets. En mettant l’accent sur l’écoconception, l’achat responsable ou encore sur la réparabilité des objets, elle dessine un cercle vertueux à la fois sur le plan économique, environnemental et social.

Ce concept fait officiellement son apparition dans la loi du 18 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Comment fonctionne l’économie circulaire ?

Économie circulaire et développement durable

Pour bien comprendre la métaphore de l’économie circulaire, attardons-nous quelques instants sur notre société actuelle. Depuis le XXe siècle, notre modèle économique se base irrémédiablement sur une suite de 4 actions : extraire, produire, consommer, jeter. Cette succession classique porte le nom d’économie linéaire – aussi appelée économie « du tout jetable ».

Problème, le prélèvement des ressources naturelles ne cesse de s’intensifier. En cause, une croissance démographique importante, une tendance à la surconsommation, et une arrivée de pays émergents aspirant à imiter les sociétés développées. Des travaux menés dans le cadre du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dressent un constat inquiétant : en maintenant ce rythme, le niveau de consommation des ressources naturelles deviendrait insoutenable d’ici 2050.

Pour endiguer ce fléau, l’économie circulaire mise a contrario sur une gestion sobre et efficace des ressources. En réaction à la voie à sens unique empruntée par le modèle linéaire, elle s’articule autour d’un cycle fermé découpé en 3 domaines-clés :

  • les offres proposées par les acteurs économiques : exploitation des ressources, choix de conception… ;
  • la demande et le comportement du consommateur : achat responsable, réparabilité, réemploi… ;
  • la gestion des déchets.

Schéma comparant l'économie circulaire et l'économie linéraire

Quels sont les 7 piliers de l’économie circulaire ?

Ces 3 grandes composantes de l’économie circulaire se subdivisent en 7 piliers majeurs :

  • L’approvisionnement durable : il s’intéresse à l’extraction et à l’exploitation des matières premières, tant énergétiques et minérales que forestières, qui doivent s’effectuer de manière raisonnée et respectueuse de l’environnement.
  • L’écoconception : les fabricants doivent posséder d’emblée une vision claire du cycle de vie du produit, dès sa conception, afin d’en mesurer précisément les impacts environnementaux.
  • L’écologie industrielle et territoriale : volet important de l’économie circulaire, elle incite les différents acteurs à mettre en commun leurs infrastructures, leurs services, leurs énergies ou leurs matières pour économiser les ressources et/ou améliorer leur productivité.
  • L’économie de la fonctionnalité : elle favorise une approche orientée « usage » plutôt que « possession ». Autrement dit, elle privilégie la vente de services rattachés à un bien, plutôt que celle des biens eux-mêmes.
  • La consommation responsable : elle doit sensibiliser le consommateur à l’achat de produits durables pour le transformer en « consomm’acteur ».
  • L’allongement de la durée d’usage des biens : le réemploi (via le don ou l’achat d’occasion) et la réparation doivent être encouragés en priorité.
  • L’amélioration de la prévention, de la gestion et du recyclage des déchets : l’idée phare consiste à réinjecter les déchets dans le cycle économique.

Les avantages de l’économie circulaire

Un grand pas pour la planète

Dès la feuille de route de l’économie circulaire de 2018, les enjeux environnementaux constituaient le cœur des préoccupations. Parmi les différents objectifs, on retrouvait notamment :

  • une réduction de 30 % de la consommation de ressources par rapport au PIB en 2030 relativement à 2010.
  • une réduction de 50 % des quantités de déchets non classés dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010.
  • une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.

La vraie révolution tient également en la fin progressive de tous les emballages plastiques à usage unique d’ici 2040. Si nous avons déjà dit adieu à la vaisselle jetable, aux pailles et aux touillettes, ce sont nos sachets de thé et nos suremballages de fruits et légumes qui devraient disparaître dès 2022.



Une lutte contre le gaspillage

Depuis le départ, le gaspillage s’affiche comme un cheval de bataille de l’économie circulaire. La loi anti-gaspillage, promulguée le 10 février 2020, s’inscrit d’ailleurs dans cette volonté de combattre l’idéologie du tout jeter : lutte contre le gaspillage alimentaire, interdiction de détruire les invendus non alimentaires, instauration d’un indice de réparabilité pour combattre l’obsolescence programmée

Une création d’emplois

À travers la réparation des produits usagés ou le recyclage des déchets, l’économie circulaire encourage le développement de nouveaux secteurs d’activité, mais également la création d’emplois locaux et non délocalisables. Selon une estimation fournie par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, ce sont près de 300 000 postes qui pourraient voir le jour avec l’avènement du modèle circulaire.

Économie circulaire : quelques exemples

Les applications antigaspi

« Quand on jette quelque chose, c’est simplement que l’on n’a pas trouvé quoi en faire. » C’est ce constat criant de vérité qui a poussé les fondateurs de Phenix à sauver des tonnes d’invendus des commerces alimentaires de la décharge. Pour ce faire, elle dispose de 3 canaux :

  • Les denrées proches de la date de péremption sont vendus à prix réduit sur l’application mobile dédiée ;
  • Les produits encore consommables sont donnés à des associations caritatives pour venir en aide aux plus démunis ;
  • Les restes non utilisés sont offerts aux zoos, parcs animaliers ou à la SPA pour nourrir les animaux.

Pour un supermarché, cela représente tout de même une économie de 60 tonnes de déchets par an et 125 000 repas sauvés.

Dans le même esprit, l’application Too Good To Go permet aux commerces de bouche de revendre l’excès de marchandises aux consommateurs particuliers, en mettant à leur disposition des « paniers surprise ». Une fois réservés, il suffit d’aller les chercher directement au point de vente.

Un jean éco-conuç et recyclé est un bel exemple d'économie circulaire

Les vêtements éco-conçus

Des initiatives circulaires voient également le jour du côté du textile. La marque 1083 a par exemple lancé en 2019 le premier jean recyclable indéfiniment, appelé « Infini ». Fabriqué en France à partir de polyester recyclé, ce pantalon monomatière innove surtout par son concept de vente sous consigne, qui incite l’acheteur à retourner son jean usé. Celui-ci, retransformé en fils, servira à la fabrication de nouveaux pantalons. Un parfait exemple de boucle bouclée !

La réparation de l’électroménager

Votre lave-linge fait encore des siennes ? Il n’est pas forcément bon pour la casse pour autant. Pour un tarif fixe, les équipes de Murfy se déplacent à votre domicile et tentent de sauver votre équipement électroménager. Si la réparation est impossible, le coût de l’intervention est converti en bon d’achat sur leurs appareils reconditionnés proposés en ligne. Réparer plutôt que jeter, un réflexe à adopter dès maintenant !

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