Bien-être et santé

La dysenterie, pas seulement réservée aux touristes

Quand hygiène et accès aux soins font défaut

C’est l’une des principales causes de mortalité infantile au monde : amibienne ou bacillaire, la dysenterie est due au manque d’accès à l’hygiène et à la médecine. Une mortalité de pauvres et de situations de crise. Mais attention, le dernier épisode épidémique en date a eu lieu à Anhui, province voisine de celle de Wuhan, en Chine.

Définition de la dysenterie

C’est une maladie infectieuse du côlon (ou gros intestin), provoquée par deux types de micro-organismes :

La dysenterie amibiase

Aussi nommée amibienne intestinale, elle est causée par un parasite protozoaire, l’amibe « Entamoeba histolytica ».

La dysenterie bacillaire

Elle est due à une bactérie, du genre Shigella, Campylobacter, E. coli ou Salmonella. Celle d’origine bactérienne est de loin la plus fréquente.

Quelle prévalence ?

Les maladies provoquant des diarrhées sont l’une des trois premières causes de mortalité dans les pays du Tiers-Monde et du Quart-Monde (source : OMS).

Chaque année, quatre millions de personnes en décèdent, les enfants de moins de cinq ans étant les plus touchés.

Les zones endémiques du globe sont les régions tropicales, chaudes et pauvres : l’Asie du sud-est, l’Afrique, l’Amérique du sud.

Concernant la forme bacillaire qu’est la shigellose, les pics d’épidémies surviennent généralement lorsque l’état endémique est aggravé par une crise humanitaire (conflit, camp de réfugiés).

Quels sont les symptômes de la dysenterie ?

La dysenterie amibienne

Toujours selon l’OMS, 480 millions de personnes au monde seraient infectées par une amibiase dont un faible pourcentage développe la forme grave : le tout compte-tenu qu’une part des personnes infectées en ont la forme asymptomatique, non moins contagieuse.



En effet, dans le cas de la forme amibienne, le protozoaire s’entoure d’une fine coque pour former un kyste. La contamination se fait lors de l’ingestion de ces kystes, qui germent alors dans l’intestin grêle.

La forme symptomatique intervient lorsque le protozoaire enkysté traverse la paroi du gros côlon, provoquant des diarrhées sanglantes et douloureuses. Il s’agit déjà de la forme résistante de l’amibiase.

La forme sévère est la prolifération de l’amibe dans le foie et les poumons où elle y crée aussi des ulcères. En certains cas rares, elle touche le cerveau.

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La dysenterie bacillaire ou shigellose

La shigellose est l’une des formes de dysenterie bactérienne, la souche Shigella flexneri étant à l’origine de la forme endémique de la maladie et Shigella dysenteriae sérotype 1 (ou bacille de Shiga), responsable des épidémies qui surviennent brutalement.

La shigellose est la forme grave de la dysenterie : pas de forme asymptomatique, le stade d’incubation est bref. La bactérie envahit rapidement les tissus intestinaux, dont l’inflammation provoque rapidement de violentes douleurs abdominales avec diarrhées glairo-sanglantes pouvant être hémorragiques.

La shigellose est très infectieuse : une dizaine de bacilles sont suffisants pour provoquer la maladie.

Fièvre, amaigrissement, déshydratation, c’est cette forme qui a un fort taux de morbidité chez les enfants.

Dysenterie : contagion et contamination

Dans les deux cas, amibienne et bacillaire, la dysenterie est à transmission oro-fécale : via l’eau et les aliments souillés par des déjections. La contamination se fait directement, d’une personne contaminée à son entourage.

Les rapports sexuels avec contact anal peuvent aussi propager l’une et l’autre forme : particulièrement dès lors qu’il y a contact direct entre l’anus et la bouche, ou la bouche et doigt ayant touché l’anus.

Quant à la shigellose, la contamination des aliments peut aussi se faire par les mouches.

Quels sont les traitements contre la dysenterie ?

Dans le cas de la shigellose, le traitement par antibiotiques est le seul moyen de se débarrasser des bacilles, avant complication en raison de la destruction de la paroi intestinale.

Concernant l’amibiase, le traitement se fait par antiparasitaires.

Se laver les mains, un geste indispensable
Se laver les mains, un geste indispensable

Et la turista ?

Si vous voyagez dans des régions endémiques, la fameuse turista n’est jamais dû au décalage horaire, à la fatigue ou au changement alimentaire (les épices souvent incriminés). Il s’agit toujours d’une infection.

Avant votre départ, parlez-en à votre médecin qui pourra vous prescrire des antibiotiques appropriés, à prendre en cas de début de dysenterie, afin de stopper l’infection rapidement.

Sur place, observez les précautions d’usage : ne pas avaler l’eau du robinet, y compris en vous brossant les dents, bien se laver les mains avant de passer à table, ne pas manger de fruits crus.

En tant qu’occidental, vous avez la chance d’avoir accès à l’eau potable et à la médecine. Pour les locaux, la seule solution passe par l’assainissement de l’hygiène. Depuis la décennie de l’eau potable, l’eau a coulé sous les ponts, et pas des plus saines.

La dysenterie épidémique

Dernier épisode en date, en tous les cas, d’épidémie de shigellose : en Chine, en août 2020, dans la province d’Anhui. Au total, 300 personnes hospitalisées sur les 500 infectées.

Vous ne situez pas Anhui ? La province voisine est Wuhan.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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