Cyclisme : êtes-vous maillot jaune, vert, rose, blanc ou à pois ?

Eddy Merckx est le seul coureur cycliste à avoir gagné les trois maillots jaune, vert et à pois sur un même Tour de France. C’était en 1969. Et vous, quelle catégorie de coureur êtes-vous ? Focus sur le cyclisme.


Le 6eme sport préféré des Français

Depuis l’invention de la draisienne en 1876, la petite reine a fait du chemin. En France, la région Auvergne-Rhônes-Alpes arrive désormais en tête du nombre de licenciés (17 000) auprès de la Fédération Française de Cyclisme (120 000 licenciés) : devant la Bretagne (10 000) toujours terre de cyclisme, mais qui recense moins d’habitants.

Autant de coureurs amateurs, dont le peloton se grossit des pratiquants hors club : avec 3 millions de bicyclettes vendues chaque année, la France se place en troisième position derrière les Pays-Bas et l’Allemagne.

Étroite est la voie professionnelle : l’Hexagone recense neuf équipes professionnelles (2 en 1ère division, 5 en 2eme division, 2 en 3eme division) enregistrées auprès de l’Union Cycliste Internationale, soit autorisées à participer aux compétitions des circuits continentaux et au calendrier historique, et à être invité sur le Tour de France. Ainsi de l’AG2R et de La FDJ, les deux équipes françaises de première division.




La bicyclette ne s’oublie pas, mais elle s’apprend

Pour intégrer une équipe professionnelle, la route est longue depuis le premier apprentissage avec les parents : minime, cadet, junior, Espoirs. Un parcours qui commence à 14-15 ans pour apprendre le vélo (la bonne utilisation des vitesses, le peloton, ramasser un bidon sur la chaussée sans descendre de vélo) et l’endurance.

Dès les juniors, c’est parti pour de belles courses départementales et régionales. Avec pour horizon les championnats nationaux. Espoirs est l’heure du choix : route, piste, cyclo-cross ou VTT ? Si vous avez la chance d’être recruté par une équipe professionnelle, l’entraînement passe à 2500 kms par an avec une feuille de salaire minimal imposée par l’UCI de 33 000 euros nets annuels, mais pouvant avoisiner les 6000 à 9000 euros mensuels. Le vedettariat, c’est encore une autre étape.

Cyclisme, un sport très professionnalisé
Cyclisme, un sport très professionnalisé

Courses à étapes : les prestigieux trois Grand Tours

Juillet est le mois du Tour de France : sa 105e édition s’élancera de Noirmoutier-en-l’Île. La doyenne des trois Grands Tours occupe une place à part : 3eme événement sportif le plus regardé au monde après la Coupe du Monde de foot et les JO d’été, trois semaines de course, plus de 3000 kilomètres parcourus. Et le paysage en prime : 75% des touristes se rendent sur les étapes de montagne pour la beauté des sites !



Les deux autres Grands Tours ? Le Giro (tour d’Italie) et la Vuelta (tour d’Espagne) nés sur le modèle du Tour, le Giro au mois de mai et la Vuelta au mois de septembre.

Le Giro féminin (juillet, 10 étapes) est un grand rendez-vous du cyclisme professionnel féminin. Le Tour de France est une marque déposée : après plusieurs tentatives, l’équivalent d’un tour féminin s’est, pour le moment, soldé par une Route de France d’une semaine. La championne du monde Pauline Ferrand-Prévot, sportive polyvalente (route, piste et cross) n’a pas jugé utile d’en prendre le départ, optant pour le Giro féminin.

Les Classiques d’un jour : cinq Monuments !

Les classiques (plus de 200 kilomètres) et semi-classiques remplissent à l’année l’agenda d’un cycliste. Cinq en sont les « Monuments » : Milan-San Remo , le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Les quatre premières se déroulent au printemps, la dernière à l’automne, d’où son nom de « classique des feuilles mortes ».

La « Doyenne » qu’est Liège-Bastogne-Liège se court sur 260 kilomètres accidentés, La Primavera (Milan-San Remo) est la plus longue (298 kilomètres), « L’Enfer du Nord » (Paris-Roubaix) est la « dure des dures » avec ses pavés du Carrefour de l’Arbre et de la « Trouée d’Arenberg ».

Cyclisme, un sport très professionnalisé
Cyclisme, un sport très professionnalisé

L’autre classique pavée qu’est La Ronde (le Tour des Flandres) a depuis 2004, inscrit les femmes sur sa ligne de départ : le même jour que les hommes, sur une distance un peu plus courte.




Les cyclistes célèbres : le Cannibale, le Blaireau, l’Éternel second, le Héron, le Professeur

Ils en sont devenus des amis inconnus. Depuis Maurice Garin, le vainqueur du premier Tour de France en 1903, ils sont entrés dans la Légende : Eddy Merckx, le « Cannibale », n’avait de cesse d’attaquer. A son actif, cinq Tours de France, cinq Giro, une trentaine de classiques. Le mythe des années 70.

Côté français, le Blaireau (Bernard Hinault) a, à ce jour, établi le plus grand palmarès français (10 Grands Tours dont 5 Tours de France). Avant lui, Jacques Anquetil (5 Tours de France, 5 Tours d’Italie) et bien sûr, Raymond Poulidor, l’« Éternel Second » du Tour de France, mais premier dans le cœur des français.

Cyclisme : le dopage, mais aussi la fraude technologique

Poulidor ? Toujours bon pied, bon œil à 81 ans. Poupou ne s’est jamais dopé. Pas de lien néanmoins d’établi, entre le cancer dont est décédé Laurent Fignon en 2010, et les « doses ridicules de produits dopants prises, comme tout le monde », au long de sa carrière.

L’« histoire parfaite », elle, n’était qu’« un gros mensonge » : la plus grande constante de Lance Armstrong, vanté comme l’homme qui a vaincu le cancer, fut le dopage. Les contrôles positifs dès 1998, et les enquêtes, ont fini par faire avouer le septuple vainqueur d’affilée du Tour de France.

En janvier 2013 et après avoir nié pendant des années, Lance Armstrong, acculé, confiait à la star de télévision américaine Oprah Winfrey s’être dopé : « Mon cocktail c’était l’EPO, les transfusions sanguines et la testostérone. » L’ensemble de son palmarès retiré, et la démission de sa Fondation contre le cancer.

En outre, Armstrong se serait livré à la triche mécanique : un petit moteur dans son vélo ! C’est ce que révèle « Rouler plus vite que la mort », l’enquête menée par le journaliste Philippe Brunel (Grasset, janvier 2018).

Une fraude technologique qui, pour la première fois en 2017, a entaché le cyclisme amateur français : un investissement de 3000 euros, de la part du tricheur périgourdin, pour remporter 500 euros sur cinq courses au total.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle ? La frontière est poreuse, en matière de dopage, entre professionnels et amateurs.

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