Au commencement était le cuivre

Depuis que l’Homme a modelé dedans ses tout premiers silex, le cuivre accompagne l’ingéniosité humaine : jusqu’à sa tablette numérique et ses panneaux solaires.


Ses origines et utilisations

L’âge de cuivre ?

Ne feuilletez pas l’album de famille, c’était juste avant : en 3000 ans av. J-C. Ce fut même le tout premier métal que l’Homme travailla de ses petits doigts, avant l’Age de bronze (qui est un alliage de ce métal avec de l’étain) et l’Age de fer.

Vous avez déjà vu du cuivre : même en photo, vous avez vu la statue de la Liberté. Elle est devenue verte parce que ce métal, à l’origine rouge-orangé s’est oxydé. Et il est ainsi d’autres statues fondues dans ce métal. Ou encore de tuyauteries vieillottes, qui passent de l’orangé au vert-de-gris.

Eau, gaz et ordinateurs à tous les étages

Son étymologie ? Du grec khalkos (cuivre) et lithos (pierre) est présent jusque dans nos ordinateurs : un usage humain qui ne se dément pas, depuis que l’Homo Sapiens a affûté ses premiers silex dans ce matériau malléable dont il eut même la coquetterie de se faire des bijoux.



Parmi les usages connus, la bassine à confiture, car c’est un excellent vecteur thermique, et tous les tuyaux conducteurs : celui de l’eau potable, car il est bactéricide, du gaz car il n’est pas poreux, l’électricité car c’est un excellent conducteur, les données informatiques pour la même raison. Un autre usage encore ?  Les piécettes de votre porte-monnaie.




Ses différentes utilisations au quotidien
Ses différentes utilisations au quotidien

L’extraction de ce métal

On l’appelle aussi, l’or du Chili !

La plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde se situe au Chili : la mine de Chuquicamata dans le désert de l’Atacama mesure trois kilomètres de large sur quatre de long, avec une profondeur de 800 mètres de profondeur. Plus grand, il n’y a pas. Le Chili est le premier producteur au monde de ce métal, fournissant un tiers de la production mondiale.

L’autre plus grande mine à ciel ouvert au monde se situe également du côté du  Pacifique, mais en Indonésie cette fois, sur l’île de la Papouasie : la mine de Grasberg. A elles deux, ces deux plus grandes mines à ciel ouvert au monde représentent 10% de la production mondiale.




Le reste des réserves mondiales de ce métal se répartit entre l’Australie, le Pérou, le Mexique, dans une moindre mesure les États-Unis et le Canada, mais aussi la Chine et la Russie, la Pologne en Europe, la République démocratique du Congo et la Zambie en Afrique.

Question de densité

En réalité, le cuivre est partout présent dans la nature. Les sols arables en contiennent : sans lui, pas de culture de blé ni de riz. De même, ce métal est présent dans les lacs et rivières. Mais à une densité bien moindre que les mines dont il est extrait.

A l’époque de l’Age de cuivre, l’Homo Sapiens n’eut pas besoin d’en extraire : il se trouvait à une densité de 90%. Il n’eut, en quelque sorte, qu’à se baisser pour le modeler. Aujourd’hui, la teneur en cuivre des mines n’est plus que de 1%.

Ses différentes utilisations au quotidien
Ses différentes utilisations au quotidien

Oxyde et sulfure de cuivre

Ce métal se présente sous deux formes : le sulfure de cuivre et l’oxyde de cuivre. La différence ? Le cuivre est un élément chimique du magma. Il remonte depuis le centre de la terre jusqu’à la surface de la croûte terrestre par des failles. A mi-parcours et contrairement au phénomène du volcan, celui-ci se refroidit.




La couche de cuivre au contact de l’air s’oxyde, devenant de l’oxyde de cuivre. La couche en-dessous, non-oxydée, est du sulfure de cuivre. Sauf qu’à force d’avoir extrait l’oxyde de cuivre en surface, il faut désormais aller chercher le sulfure de cuivre.

Extraction & environnement

Deux techniques : l’oxyde de cuivre (15% de la production mondiale) s’extrait avec de l’acide sulfurique. La roche concassée  en petits morceaux, est aspergée d’acide sulfurique, qui détache le cuivre de ces morceaux. Une méthode très modérément écologique : l’acide sulfurique est hautement toxique. C’est pourtant la méthode la plus simple.

Le sulfure de cuivre, lui, s’extrait par étapes successives, pour dissocier le cuivre des autres métaux contenus dans la roche afin d’obtenir un métal pur : la dernière étape par électrolyse. L’une des étapes intermédiaires n’est pas non plus très écolo : elle génère du dioxyde de soufre, hautement polluant, et dont les émissions sont censées respecter la réglementation internationale.

Une fois pur, le cuivre est recyclable à l’infini

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Si son exploitation n’est pas ce qui se fait de mieux pour l’environnement, le métal une fois pur est inaltérable et recyclable à l’infini. En France, 30% est du reste, désormais recyclé.

Que fait-on du cuivre ? Cela n’est, en, l’occurrence, pas un paradoxe : on le mélange ! Associé à l’étain, il devient du bronze. A du nickel, il devient du laiton. Là encore, les usages sont multiples, depuis la médaille de bronze, jusqu’aux instruments de musique que nous appelons les cuivres.




Mais le meilleur usage de ce métal est sa propriété conductrice de chaleur et d’électricité. A commencer par notre isolation et nos panneaux solaires. Le cuivre a de l’avenir dans nos home sweet home connectés !

Au fait, comment l’entretenir ?

Là, c’est l’huile de coude. Fort heureusement, avec les confitures, nos grand-mères ont inventé les trucs pour nettoyer la bassine de cuivre. Au choix, l’une de ces trois recettes à la portée du porte-monnaie : du bicarbonate de soude et du jus de citron, du vinaigre et du sel, ou du citron et du sel.

Attention, dans les trois cas, surtout pas de gratteur de casserole pour ne pas griffer le métal, toujours un linge doux. Le charme d’antan et la technologie d’aujourd’hui sous le même toit.

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