La cryothérapie, bien ou pas ?

By Pascale

Cryothérapie : homme dans une machine indiquant -123

Deus ex machina frigorifiée : en 3 minutes, la cryothérapie vous remet un sportif de haut-niveau sur pieds.  Désormais ouverte au grand public, cette pratique doit pourtant vous inciter à la prudence, avant de vous y adonner.

Qu’est-ce que la cryothérapie ?

Le principe de la cryothérapie est d’exposer le corps humain à un froid intense (- 110 degrés) pendant trois minutes : ce choc thermique a le double effet de ralentir la conduction nerveuse, d’où son effet analgésique, et de déclencher un mécanisme de défense de l’organisme par la sécrétion de molécules anti-inflammatoires et d’endorphine, celles-ci favorisant l’élimination des toxines à l’origine de la douleur musculaire ou articulaire.

Pourquoi faire de la cryothérapie ?

Vous vous êtes cogné ? Vous mettez d’abord du froid sur la zone endolorie (jamais de chaud sur une blessure fraîche…) : le froid a un effet antalgique en ralentissant la conduction nerveuse, et anti-inflammatoire en abaissant la température des tissus.

Ice-swimming finlandais

En Finlande où le sauna est un mode de vie, l’ice-swimmnig (nager dans l’eau glacée) ou l’ice dipping (plonger dans l’eau glacée) dans l’eau d’un lac à 3 ou 4 degrés en reste la pratique complémentaire. Au choix, avant ou après la séance de sauna : choc thermique garanti, un vrai coup de boost pour l’organisme ainsi plus résistant contre les affections broncho-pulmonaires et moins sujet aux rhumatismes. L’alternative étant de se rouler dans la neige (poudreuse).

Homme se baignat dans un lac gelé entourré de neige et de canards colverts, bonnet sur la tête

La “cryothérapie corps entier”

La première démonstration de “cryothérapie corps entier” nous vient du Japon : en 1979, le Dr. Yamauchi en fit la démonstration au congrès européen de rhumatologie de Wiesbaden, en Allemagne. Mais c’est auprès du sport de haut niveau, que la cryothérapie s’est développée : d’abord en ex-Union soviétique, pour améliorer la performance des sportifs engagés dans les Jeux Olympiques de Moscou, en 1980.

Ces séances de “cryothérapie corps entier” s’effectuaient alors avec de l’azote liquide (c’est toujours ainsi que l’on brûle certaines verrues). Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’Allemagne fut la première à ouvrir un centre de “cryothérapie corps entier”, en clinique, à la Weserland Klinik de Vlotho (Rhénanie du Nord).

Sport de haut niveau

C’est par le monde du sport de haut niveau, que cette pratique s’est répandue. En France, le Centre européen de rééducation du sportif (CERS) de Cap-breton fut le premier à en être équipe, en 2002. Le second a été l’Institut national du sport de l’expertise et de la performance (Insep) en 2009, d’abord réservé aux sportifs, aujourd’hui ouvert au grand public sous conditions médicales.

Parmi les premiers sportifs à éprouver l’effet récupérateur de cette pratique, les coureurs cyclistes de la Française des Jeux, lors du Critérium du Dauphiné Libéré en 2011. Lors de sa construction en 2015, le nouveau Centre National d’Entraînement de la Fédération Française de Tennis a intégré à ses équipements, deux cabines de cryothérapie.

Les sports de combat et de contact sont aussi adeptes de cette technique, qui limite les hématomes.

Quand faire de la cryothérapie ?

Il existe trois techniques de cryothérapie :

  • le traitement local (par l’application de poches de glace, sprays cryogènes ou compresses, l’immersion des jambes dans l’eau froide),
  • le traitement plus global où la tête reste hors de la zone de froid (refroidissement par conduction),
  • la cryothérapie corps entier (par convection).

Homme dans une cabine, attendant pour débuter une séance de cryothérapie, chaussettes

Est-ce que la cryothérapie fait maigrir ?

La cryolipolyse ou coolspulling consiste à détruire la graisse par le froid : cette alternative à la liposuccion consiste à apposer une ventouse de froid sur la zone, dont les cellules graisseuses sont détruites.

A noter que l’efficacité des séances de froid pour maigrir n’a jamais été avérée, même si le froid fait perdre des calories.

Cryothérapie et comment se déroule une séance ?

Une séance se déroule en trois phases d’immersion de plus en plus froides :

  1. en petite tenue avec les extrémités protégées (chaussettes, gants, bandeau pour les oreilles, masque chirurgical pour les voies respiratoires) , vous pénétrez dans la première cabine à – 10 degrés pendant 30 secondes ;
  2. puis vous pénétrer dans la deuxième cabine à – 60 degrés pendant également 30 secondes.
  3. Enfin, vous entrer dans la troisième à – 110 degrés pendant une à deux minutes : là, hors de question de se recroqueviller, vous bougez bras et jambes. Puis demi-tour en passant de ce troisième réfrigérateur au premier.

Il ne s’agit pas d’un exploit unique : pour que cette prétique soit efficace, les séances doivent être quotidiennes voire biquotidiennes, pendant cinq jours.

Au demeurant, une séance n’est pas sensée être une torture : pendant ces trois minutes, vous êtes sous le contrôle permanent de personnel qualifié. Si cela ne va pas, vous avez le droit de reculer !

Aucun souci d’hypothermie, en un laps de temps si court, la température intérieure du corps reste stable : seule celle de votre peau chute à 11 degrés.

A qui s’adresse la cryothérapie ?

Hormis le sport de haut niveau, elle séduit de plus de personnes soufrant de pathologies articulaires chroniques (polyarthrite rhumatoïde) ou neurologiques.

Or, le rapport de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de 2018 est formel : la cryothérapie ne soigne pas les pathologies auto-immunes, apportent un soulagement très relatif et de courte durée. Il est aussi hors de question de s’imaginer que cette pratique soigne un cancer.

A fortiori si vous souffrez d’une pathologie, vous devez être vigilant et ne pas la pratiquer sans l’avis de votre médecin.

Quels sont les risques de la cryothérapie ?

Cette prévention est d’autant plus indispensable, que les contre-indications sont nombreuses :

  • antécédents cardiovasculaires (maladie de Raynaud, hypertension, phlébite, infarctus du myocarde, port d’un pacemaker),
  • antécédents de pathologie respiratoire,
  • une hospitalisation récente,
  • de l’épilepsie,
  • une allergie au froid.

Si vous êtes enceinte, ce n’est pas non plus pour vous.

Non reconnue par l’Assurance Maladie

L’Assurance-Maladie ne rembourse pas les séances. Certaines mutuelles pratiquent le remboursement. Si vous avez choisi de suivre des séances, veillez à ne le faire qu’après l’avis de votre médecin, en vous adressant à un centre sérieux… et en ayant budgétisé ce qu’il vous en coûtera.

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