Bien-être et santé

Crime environnemental : commettre l’irréparable ne coûte pas cher et peut rapporter gros

Le crime environnemental est devenus la 4ème forme de criminalité après la drogue, le trafic d’êtres humains et la contre-façon. En effet, les réseaux criminels ont réalisé que les profits liés aux extractions de métaux précieux, aux trafics de bois ou d’animaux rares étaient énormes, et les peines encourues mineures.

Une aubaine pour les professionnels du crime, déjà dotés des connaissances, du matériel et des réseaux de transports. Résultat, ces trafics rapportent entre 70 et 200 milliards de dollars par an aux mafias.

Braconnage

Les premières cibles sont la faune sauvage. Plus l’espèce est rare, plus les prix s’envolent. Aux États-Unis, 1 kilo de poudre de cornes de rhinocéros (très prisé par la médecine chinoise) se vend 62 000 euros, soit 2,5 fois plus cher qu’un kilo de cocaïne.

Autre exemple, les effectifs de tigres sauvages qui ont sombré, passant de 100 000 au début du XXème siècle à seulement 3200 aujourd’hui.

Pour la médecine chinoise, le tigre soignerait en effet, selon les morceaux, la fièvre, l’insomnie, l’épilepsie, le paludisme et même l’arthrose ! Il est surtout vendu en Chine où sa traque est interdite depuis 1981 mais pas son utilisation.

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Moins connu, le pangolin est pourtant devenu le mammifère le plus braconné au monde.

La corne de rhinocéros se raréfiant, les trafiquants ont tourné leur attention vers ce fourmilier d’Asie et d’Afrique qui a la particularité d’être couvert de kératine, comme les cornes. En dix ans, plus d’un million d’animaux ont été capturés…

Dumping environnemental

Plus subtil, le dumping environnemental consiste à profiter des écarts de législation entre pays.

Rien de plus simple pour un agriculteur français que de traverser la frontière espagnole afin d’acheter des pesticides autorisés là-bas mais interdits chez nous. Selon Greenpeace, un quart des pesticides utilisés en Languedoc-Roussillon vient d’Espagne.



Encore plus problématique : les produits phytosanitaires contrefaits arrivant d’Asie. « C’est beaucoup plus compliqué qu’un trafic de stupéfiants », reconnaît le colonel Jacques Diacono, de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique.

« Les stupéfiants, c’est interdit, point. Alors que pour les produits phytosanitaires, il faut identifier la contrefaçon qui peut, en outre, contenir des produits toxiques dangereux pour la santé de l’agriculteur et des consommateurs. »

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De même, en Europe, il est obligatoire de recycler ses déchets dangereux, comme le matériel électronique, les déchets hospitaliers ou nucléaires. « Mais plus on durcit la réglementation, plus il y a d’intérêt à frauder », souligne le colonel Jacques Diacono.

Récemment, nous avons trouvé une dizaine de tonnes de déchets dans un hangar agricole…» Des tonnes d’appareils électroménagers partent illégalement vers l’Afrique ou l’Asie pour être recyclés à bas prix dans des conditions sanitaires effroyables.

En août 2006, le Probo Koala, un navire pétrolier affrété par la société hollandaise et suisse Trafigura, a déchargé dans le port d’Abidjan 581 tonnes de déchets. Les émanations de gaz ont causé 15 morts et empoisonné plus de 43 000 personnes ! La Côte d’Ivoire, renonçant aux poursuites, a conclu un accord de 152 millions d’euros avec Trafigura. Pas de quoi inquiéter une société dont le chiffre d’affaires a atteint 1 milliard de dollars en 2014…

Autre exemple, en France, un trafiquant d’espèces protégées risque au plus un an de prison et 150 000 € d’amende. En effet, commettre l’irréparable ne coûte pas bien cher.

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