Animaux sauvages

La couleuvre : aie confiance !

Un reptile inoffensif au rôle écologique important

Rares, sont ceux d’entre nous qui prisons les serpents. Par chance, la couleuvre est le serpent le plus répandu en France : inoffensive si l’on est vigilant. Un reptile écologique.

Les caractéristiques de la couleuvre

Couleuvre est le nom générique employé pour désigner un serpent non venimeux. En France, 9 espèces de serpents sur 13 sont des couleuvres : la couleuvre verte et jaune étant la plus répandue. D’accord, elle peut impressionner par sa taille : jusqu’à deux mètres de long !

Un reptile apode

C’est un reptile (la famille des vertébrés à sang froid) apode (dépourvu de pattes). Reptile signifiant aussi qu’elle respire avec des poumons et pond des œufs. Sauf qu’elle n’est pas exactement à sang froid : cet animal est ectotherme, elle s’adapte (jusqu’à un certain point) à la température externe.

Une anatomie étrangement humaine

Sa forme allongée nous répugne : c’est pourtant fou, la similitude d’organes de la couleuvre avec l’être humain. Respiration par la trachée, cœur, poumons, foie, reins, vésicule biliaire, pancréas, gros intestin et intestin grêle, la différence tenant évidemment dans la forme de ces organes, chez la couleuvre logés dans sa cage thoracique effilée.

Quant à son squelette, sa colonne vertébrale souple se compose d’une bonne centaine de paires de côtes (tout dépend de la taille de la couleuvre) très solides, dont celles situées au niveau du ventre ne se rejoignent pas entre elles, pour pouvoir s’écarter au moment d’avaler ses proies.

Comment reconnaître une couleuvre d’une vipère ?

Quand on se trouve en présence d’un serpent, le tout est de savoir s’il s’agit d’une vipère qui est le seul reptile venimeux en liberté en France, ou d’une couleuvre.

La pupille : le critère fiable

A fortiori si vous êtes béotien, c’est « le » critère infaillible pour distinguer ces deux serpents : la couleuvre a la pupille ronde, tandis que la vipère l’a en fente verticale comme celle d’un chat

C’est vraiment le critère qui vous évite de vous tromper. Tous les autres sont pour les connaisseurs ou ne sont pas fiables, car ils souffrent d’exceptions.

La queue

La couleuvre a une queue très effilée, alors que celle de la vipère est plus distincte du corps et s’arrête de façon plus abrupte.

Les écailles de la tête

Autre différence, la couleuvre a sur la tête neuf grandes écailles en forme de cuirasse, la vipère une multitude de petites écailles. Et la première a une seule rangée d’écailles labiales, qui lui bordent l’œil. Sauf que la vipère péliade a aussi de grosses écailles sur la tête et une seule rangée d’écailles labiales.



La forme de la tête

La forme de la tête n’est pas non plus un critère suffisamment fiable : la vipère a souvent la tête triangulaire, la couleuvre la tête ovale. Sauf que certaines couleuvres âgées ont la tête triangulaire, et que certaines vipères ne l’ont pas.

Il ne faut pas se fier au fameux « V » qui serait un signe distinctif sur la tête des vipères, ce n’est vraiment pas toujours le cas.

Morsure de couleuvre

La couleuvre peut mordre pour se défendre : si vous marchez dessus ou si vous vous en approchez de trop. Une morsure qui peut faire mal, mais qui est « sèche » : sans venin, deux petits trous dans la peau, sans œdème en réaction au venin.

Son venin

Bien sûr, la couleuvre de Montpellier est venimeuse : mais il est rare de se faire « envenimer », car ses dents sont situées tout au fond de sa mâchoire. Si bien qu’il faut enfoncer ses doigts au fond de la gueule de l’animal pour se faire « envenimer ». Un venin de surcroît non mortel pour l’être humain.

Les principales espèces de couleuvres en France

La couleuvre verte et jaune, celle qu’on trouve partout

Elle est jaune-vert ou noir tachetée de jaune sur le dos, ou encore noirs avec le ventre clair (blanc, jaune ou gris). On la trouve partout sauf dans le nord de la France.

Petite caractéristique : elle sait nager et grimper aux arbres.

La couleuvre d’Esculape

On la trouve aussi partout en France : toute fine et longue (jusqu’à deux mètres), elle a le dos brun olivâtre tachetée de blanc et le ventre jaune citron ou vert. Ses écailles sont lisses et très brillantes.

Signe bien distinctif : elle a une tache jaune de chaque côté du cou.

La couleuvre de Montpellier

Comme son nom l’indique, elle est typique du Midi : le dos brun-gris et la entre jaune, elle a la tête fine que rehaussent des yeux exorbités.

La coronelle girondine

Cette couleuvre est également caractéristique du sud de la Loire : petite (en moyenne 50 cm), elle est de teinte grise avec de petits motifs rectangulaires noirs. Autre signe caractéristique : la bande noire qui lui traverse depuis l’œil jusqu’au museau.

La couleuvre à collier

La couleuvre à collier a un anneau de teinte claire derrière la tête, qui s’estompe au fur et à mesure qu’elle vieillit. Assez grande (1m60 pour la femelle), elle a la queue épaisse. Celle-ci vit près des cours d’eau, où elle plonge volontiers.

La couleuvre vipérine ou aspic d’eau

Voici une couleuvre aquatique, qui ne sort de l’eau que pour se réchauffer. Bien qu’inoffensive, elle est souvent confondue avec une vipère, en raison de la couleur en zigzag de ses écailles. Elle vit partout en France au bord des points d’eau (fleuves, lacs, marais), à l’exception du Nord.

La coronelle lisse

C’est la plus petite présente en France : moins de 70 cm. Très agile et rapide, elle n’a pourtant pas toujours le temps de fuir : elle sécrète alors une substance nauséabonde ou devient inerte, pour simuler qu’elle est morte.

Si vous êtes nez à nez avec elle

La saison préférée de la couleuvre est le printemps. Finie l’hibernation, elle fait son retour à la
vie : nourriture et progéniture. C’est là, qu’elle est sur votre chemin… à moins que ce ne soit l’inverse.

Elle rentre chez vous

Dans certaines régions, cela arrive, une couleuvre rentre dans votre maison. Ce qu’elle y fait ? Elle chasse les souris pour se nourrir ou bien recherche un endroit pour pondre ! Pas de geste brusque, faites la sortir gentiment à l’aide d’un balai.

Mais si vous habitez à la campagne, vous le savez : les couleuvres aiment bien vivre à proximité des habitations. Et puis, soyez compatissant : l’été, cet animal souffre, elle aussi, de la canicule.

Dans votre jardin

Bien des couleuvres sont victimes des tondeuses. Si vous n’aimez pas beaucoup les avoir dans votre jardin, l’ail est votre arme : déposez des gousses d’ail aux quatre coins de votre jardin, elles ne viendront plus vous rendre visite.

Vous pouvez aussi faire infuser de l’ail et en vaporiser votre jardin.

En promenade

Vous comptez faire une balade dans la garrigue ? Equipez-vous d’un bâton pour taper le sol (la couleuvre est sourde, mais sensible aux vibrations, elle prendra la fuite) et portez de bonnes chaussures montante, pour éviter de vous faire mordre si vous marcher sans le faire exprès.

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Son rôle écologique

La couleuvre se nourrit principalement de rongeurs, de limaces, sangsues, lombrics et de petits amphibiens (grenouilles). Autrement-dit, elle est l’allié du jardinier, pour débarrasser ses plantations de bien des nuisibles.

La couleuvre, un animal protégé

Qu’ils vous répugnent ou vous séduisent, le serpent est un animal sauvage protégé par la Convention de Berne. Il est interdit aussi bien d’en recueillir que de les faire souffrir dans la nature, sous peine d’une amende de 9000 euros assortie de six mois de prison.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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