Bien-être et santé

La cirrhose, quand le foie est en danger

La cirrhose est une inflammation du foie. Cette maladie est souvent associée à l’alcoolisme : à tort ou à raison ?

Cirrhose du foie : définition

En France, 200 000 personnes sont atteintes de cirrhose : c’est Laennec, l’inventeur du stéthoscope et donc de l’auscultation (l’écoute des sons à l’intérieur de l’organisme), qui a donné son nom à cette maladie du foie, « kiros » signifiant « roux » en grec, la teinte que prend alors le foie.

Quelle qu’en soit la cause, une inflammation chronique du foie le fibrose : non seulement les cellules du foie sont détruites, mais un tissu cicatriciel se développe autour des nouvelles cellules, les empêchant d’être en contact avec le sang. Non fonctionnelles, elles forment alors de petits nodules.

La cirrhose est le stade le plus sévère de la fibrose du foie : selon le « score de Métavir », la fibrose du foie est évaluée selon quatre stades, de l’absence de fibrose (F0) à la cirrhose (F4), en passant par la fibrose minime (F1), modérée (F2), et sévère (F3). La cirrhose est aussi le stade irréversible de la fibrose.

Différents stades d'évolution d'une cirrhose
Différents stades d’évolution d’une cirrhose

Le foie, un organe vital

Le foie est l’organe-clé de la détoxification de l’organisme (toxines, déchets des globules rouges, etc) et de la synthèse des macronutriments (glucides, lipides et protéines). C’est le point de passage de toute substance, entre le tube digestif et la circulation sanguine.

Et la synthèse des protéines par le foie sert à la coagulation sanguine.

Le foie est aussi la réserve d’énergie de l’organisme sous forme de glycogène, et de vitamines (A, D, E, K). Sans foie fonctionnel, l’espérance de vie n’est que de quelques heures.

La cirrhose alcoolique

L’alcoolisme est, de très loin, la principale cause de cirrhose : plus de 75% des cirrhoses. Dans ces cas, la consommation d’alcool dépasse les cinq verres d’alcool par jour : soit la « consommation seuil » d’alcool de 20 grammes par jour chez une femme, 40 grammes par jour chez un homme, sachant que la densité d’alcool d’une boisson alcoolisée est d’environ 0, 8 ml/ litre.

Cette maladie se déclare généralement au bout d’une dizaine d’années. Et sa probabilité se démultiplie avec les années : au bout de vingt ans de consommation d’alcool au-delà de ces seuils, le risque de développer une cirrhose est multiplié par quatre. La qualité de l’alcool n’y change rien : grand cru ou rouge qui tache, c’est de l’alcool.



20 à 25% des porteurs du virus de l’hépatite C et 5% des porteurs de l’hépatite B développent cette maladie : en ce cas, ce n’est pas le virus détruit le foie, mais son propre système immunitaire, qui réagit en détruisant les cellules infectées. Et par là-même, le foie.

L'alcoolisme, première cause de cirrhose
L’alcoolisme, première cause de cirrhose

L’obésité, la cirrhose non alcoolique en augmentation

Aux Etats-Unis, l’alcoolisme n’est pas du tout la première cause : c’est l’obésité. Or, en France, l’obésité a doublé en dix ans, devenant le troisième facteur de risque de cirrhose.

La raison en est l’accumulation excessive de triglycérides : les triglycérides et le cholestérol sont les deux principaux lipides de l’organisme. Sources d’énergie, ils sont fabriqués au niveau de l’intestin grêle, par la dégradation des sucres rapides par le foie.

En excès, ils représentent un risque cardiovasculaire (à partir de de 2 g par litre de sang) et dégradent aussi le foie. On appelle « stéatose hépatique » ou communément « foie gras », cette accumulation de graisse dans le foie. Elle est réversible, tant que le foie n’a pas atteint le premier stade de la fibrose.

La cirrhose NASH, la maladie du soda

C’est l’acronyme anglais de « non alcoholic steatohepatitis ». En l’occurrence, cette « maladie du soda » est la conséquence de la consommation excessive de sucre, souvent sous forme de sodas, dont la consommation peut devenir addictive.

Le consultant sportif, figure incontournable du football, Pierre Ménès a raconté sa « cirrhose lâche » dans Deuxième mi-temps (éditions Kero, 2017). Il a été greffé du foie et des reins à la suite d’un cancer du foie dû à une NASH. Son père est décédé d’un cancer du foie.

Deuxième mi-temps
Prix mis à jour le 24-10-2020 à 7:28 PM.

Symptômes et évolution

La cirrhose expose à un double risque : l’insuffisance hépatique, due à une moindre production de protéines, d’albumine en particulier. Les principaux symptômes en sont une accumulation de liquide dans les jambes (œdème) ou dans l’abdomen (ascite). Autre conséquence, l’affection des reins.

L’autre risque est la perturbation de la circulation sanguine : le sang venant des intestins et de la rate arrive au foie par la veine porte. Si cette circulation est bloquée par la dégradation du foie, elle utilise des dérivations : des vaisseaux plus petits, rapidement saturés, qui finissent par éclater. C’est l’hémorragie digestive, fréquente chez la personne souffrant de cette maladie du foie.

La cirrhose décompensée

La cirrhose compensée est le stade précoce : le foie fonctionne encore. Néanmoins, parmi les symptômes, de la fatigue, une perte de poids et d’appétit, des nausées, maux de ventre, et des symptômes cutanés (de petits points rouges sur la peau, à partir desquels des vaisseaux dessinent une étoile). Le foie est déjà dur et la dérive de la circulation sanguine, amorcée.

La cirrhose décompensée est le stade suivant : trop endommagé, le foie ne fonctionne plus correctement. Les symptômes  s’accumulent : perte de poids, extrême fatigue, jaunisse, hémorragies digestives, enflure des jambes et du ventre, infections bactériennes, saignement des gencives, troubles du sommeil avec inversion de l’envie de dormir entre le jour et la nuit.

La cirrhose du foie, les risques majeurs

Les hémorragies digestives et le cancer du foie en sont les principaux risques. La forme la plus courante de cancer du foie est le carcinome hépatocellulaire qui se forme à partir les cellules du foie (hépatocytes). C’est le 4eme cancer le plus fréquent.

La cirrhose, des traitements naturels ?

Certaines plantes bonnes pour un foie en santé, peuvent être nocives à un foie malade. Leur recours doit avoir lieu avec un avis médical au préalable. Sachez néanmoins que la curcumine est réputée prévenir l’accumulation de gras dans les cellules du foie. Elle peut donc aider, en cas de cirrhose non alcoolique.

Quant à l’extrait de chardon-marie (la silibinine), il protège les cellules du foie et favorise leur régénération. Elle interviendrait même dans les chances de survie.

Pour en savoir plus

La rédaction de Toutvert.fr vous propose ces autres articles à découvrir :

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

Nous vous conseillons aussi

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous vous conseillons aussi

Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer