C’est la cousine du coquelicot : sa sève vient à bout des verrues, et ses feuilles soulagent les troubles biliaires. Une oubliée de l’herboristerie, en raison de sa toxicité. Mais elle pourrait avoir de l’avenir, découvrons la Chélidoine.
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Comment reconnaître la Chélidoine
La Chélidoine (Chelidonium majus) est une plante commune de nos campagnes et vieux murs, les bords des chemins et les haies. Elle pousse par touffes adossées à un rhizome, dans les endroits ombragés et humides. On la trouve souvent en milieu urbain.
C’est une plante herbacée vivace qui peut atteindre 30 à 80 cm de hauteur. Ses tiges sont ramifiées et légèrement velues.
Ses petites fleurs jaunes à quatre pétales ne fleurissent qu’au mois d’avril, d’où son nom, qui signifie « hirondelle ». Elles sont regroupées en ombelles lâches au sommet des tiges.
Les feuilles sont composées, alternes et découpées en lobes arrondis. Leur couleur est vert-bleuté sur le dessus et vert-grisâtre en dessous.
La reconnaître est assez facile. Sa caractéristique est la sève : lorsque nous en coupant une tige en deux, celle-ci, de teinte orangée est abondante et vireuse. Au point d’avoir été surnommée « herbe au bouc ». Cette sève a fait sa réputation sulfureuse : la croyance voulut qu’elle rende la vue aux aveugles, d’où son autre surnom de ‘Grande Éclaire’. La sève est toxique et peut irriter la peau. Il est donc important de se laver les mains après avoir touché la plante. Bizarre qu’ils n’aient pas démenti, car c’était faux. A moins qu’on ne leur ait administré une dose trop élevée. Car, à haute dose, elle était réputée toxique : et ça, c’était vrai ! On peut en mourir…
Après la floraison, elle produit des fruits en forme de siliques allongées, contenant de petites graines noires.
La Chélidoine pour brûler les verrues
Elle est une plante toxique. Évitez l’ingestion et le contact prolongé avec la peau, en particulier avec la sève. Mais, malgré sa toxicité, elle a été utilisée traditionnellement pour traiter les verrues. Cependant, son utilisation doit être faite avec précaution et sous supervision médicale.
De fait, sa sève est riche en alcaloïdes puissants (la berbérine, la coptisine, la chélidonine, la sanguinarine, l’allocryptopine). Ces enzymes sont « protéolytiques » : ils digèrent les protéines.
Moins douloureux que de se faire brûler les verrues, appliquez quotidiennement de la sève fraîche. Au bout de quinze jours, vous devriez être débarrassé. Et pareil si vous avez des cors ou autres durillons, mais aussi de l’eczéma, des dartres, la teigne, ou même des tumeurs bénignes cutanées.
Attention à ne pas appliquer sur les tissus voisins de votre verrue ou durillon, et à bien vous rincer les mains après chaque application : cette précaution est réellement utile.
Si vous n’êtes pas à la campagne, recourez à la teinture-mère : 1 goutte de teinture-mère associée à de l’huile essentielle (Ravintsara, Tea Tree et sarriette des montagnes.)
Les bienfaits de la Chélidoine
Ses bienfaits dans la médecine traditionnelle sont plusieurs :
- cholérétiques : elle augmente la production de bile, mais pas celle des sels biliaires. Autrement-dit, elle favorise la production d’une bile plus diluée, qui désengorge les voies biliaires.
- antispasmodique, l’encombrement des voies biliaires, a fortiori l’inflammation de la vésicule biliaire (la cholécystite) étant particulièrement douloureuse. De ce fait, elle est également efficace contre les lithiases, que l’on appelait la maladie de la pierre, ces calculs minéraux qui obstruent les voies urinaires.
- contre l’artériosclérose, elle favorise l’élargissement du diamètre des artères coronaires. Un intérêt en cas d’artériosclérose (l’épaississement de la paroi des artères), néanmoins limité par un usage à courte durée seulement. Par ailleurs, la chélidoine ne soigne pas l’hypertension.
Utilisation de la Chélidoine
Malgré sa toxicité, cette plante herbacée vivace est utilisée en médecine traditionnelle et populaire pour certains bienfaits supposés. Il est crucial de comprendre que ces usages sont souvent basés sur des traditions et que les preuves scientifiques de leur efficacité et de leur sécurité sont limitées, voire inexistantes.
L’utilisation doit impérativement se faire sous la supervision d’un professionnel de santé qualifié.
Voici les usages traditionnels de la chélidoine:
- Traitement des verrues : l’application locale de la sève fraiche est le plus connu et le mieux documenté. On pense que ses alcaloïdes ont une action caustique qui permet d’éliminer les verrues. Cependant, des traitements plus sûrs et plus efficaces sont disponibles
- Troubles digestifs : elle soulage les spasmes digestifs, les coliques et les troubles biliaires, cependant, son utilisation interne est risquée en raison de sa toxicité
- Affections cutanées : sa sève est utilisée pour traiter d’autres affections cutanées comme les cors, les durillons et l’eczéma, mais son utilisation est déconseillée en raison des risques d’irritation et de réactions allergiques
- Soulage les douleurs : soulage les troubles digestifs et les douleurs menstruelles
Comment utiliser la Chélidoine
Soit vous faites une décoction de ses feuilles (5 feuilles maximum pour un litre d’eau), soit vous recourez à l’homéopathie.
En teinture mère, comptez 20 gouttes dans un verre d’eau ou un jus de fruit, à raison de trois fois par jour.
Sachant qu’elle ne peut être d’un usage que de courte durée, en raison de sa toxicité. Ne dépasser ni la posologie, ni le nombre de feuilles dans votre infusion, qui aura certes, un goût amer mais une vertu apaisante.
Et surtout, ne vous trompez pas : utilisez bien les feuilles, pas le latex, hautement corrosif pour les muqueuses et toxique pour le foie.
La Chélidoine contre le cancer
Elle semble avoir des propriétés antimitotiques qui agissent sur la multiplication cellulaire. Voilà qui est au stade de la Recherche.
Les contre-indications de la Chélidoine
C’est la base : ni les enfants, ni les femmes enceintes !
En raison de sa haute toxicité, la chélidoine est totalement décommandée aux femmes enceintes, et ne doit pas non plus être administrée à un enfant, pas même en usage externe. Elle peut causer des effets indésirables graves en cas d’ingestion, comme des nausées, des vomissements, des diarrhées, des troubles hépatiques et même des convulsions.
D’ailleurs, l’usage interne est fortement déconseillé en raison de sa toxicité. Même en application locale, la sève peut provoquer des irritations cutanées et des réactions allergiques. Il est important de tester le produit sur une petite zone de peau avant de l’appliquer sur une surface plus large.
De plus, elle peut interagir avec certains médicaments. Il est important d’informer votre médecin si vous utilisez cette plante.
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