Animaux

Le chamois, le symbole des Alpes

Proche parent de l’antilope, le chamois est svelte. Et est fait pour la montagne. Une silhouette sportive et élégante, aux performances étonnantes.

Le reconnaître

Le chamois (Rupicapra rupicapra) est une espèce de mammifères de la famille des bovidés (les mammifères ruminants et herbivores) et de la sous-famille des caprinés qui comprend aussi les mouflons et les bouquetins.

Le chamois est le plus petit représentant des caprinés : 110 à 130 cm de long, pour 70 à 80 cm au garrot, et un poids léger, entre 40 et 50 kg. Un poids très variable selon la saison : à la fin de l’hiver, le chamois ne pèse plus que la moitié de son poids.

Mais en toute saison, ce proche parent de l’antilope se reconnaît à sa silhouette bien plus svelte que, par exemple, les bouquetins. Et il a le poil brun-fauve en été, avec une raie noire sur le dos, qui tire au brun noirâtre en hiver.

Les cornes du chamois et son âge

Ses cornes sont bien caractéristiques : d’un noir d’ébène, elles sortent de l’os frontal à la verticale sur sa tête, avec l’extrémité en forme de crochet vers l’arrière. Des cornes de 15 centimètres de long pour un poids plume de 70 grammes (par comparaison, les cornes du bouquetin pèsent de 3 à 6 kilos).

Les cornes du chamois sont à vie : elles poussent dès la naissance et sont visibles dès le deuxième mois. La croissance de la corne est maximale lors de la deuxième année, pour ensuite se stabiliser à un à trois millimètre par an.

Les cornes du chamois permettent de distinguer le mâle de la femelle : celui-là a l’os frontal plus prononcé et le crochet à l’extrémité plus accentué. Et sont une indication de son âge, selon le nombre de leurs anneaux en corne.

Ses glandes rétrocornales

Derrière chaque corne, le mâle a une glande rétrocornale : ces deux glandes hormonales de la taille d’une noix, lui servent à marquer son territoire en période de rut : arbres, buissons et rochers sont ont alors une odeur un peu musquée !

Sa dentition

A l’instar de l’être humain, cet animal a des dents de lait, puis sa dentition définitive : 32 dents, dont huit incisives, douze prémolaires et douze molaires. D’accord, il n’a pas besoin de dentifrice.

Chamois ou bouquetin ?

Il sont parfois confondus. Pour les distinguer, regardez leur tête : celle du chamois est claire ainsi que sa gorge avec deux longues bandes foncées du haut de la tête au museau, celle du bouquetin est marron.



Leurs silhouettes sont aussi différentes : le chamois est plus fin et élancé, le bouquetin est plus trapu et bien plus lourd.

Photos de chamois

En été, observez le roi de la grimpette !
En été, observez le roi de la grimpette !

 

Sous la neige avec son pelage d'hiver
Sous la neige avec son pelage d’hiver

Il est né pour la grimp’ !

De quoi faire envie aux grimpeurs : le chamois a les pattes postérieures musclées et dotées de cartilages qui absorbent les chocs, au point de pouvoir sauter des hauteurs de cinq mètres sans souci, voire se réceptionner après une chute libre de huit mètres mieux qu’un chat.

Quant à ses sabots, ils sont à la fois mobiles sur leur axe et équipés de plis spongieux, l’un et l’autre épousant parfaitement les aspérités. Ils ont aussi une membrane fine, qui leur sert de « raquette » pour ne pas s’enfoncer dans la neige.

A l’arrière, ces sabots ont ces ergots qui servent de frein. A l’avant, deux ongles en matériau proche de la résine, ont une bonne adhérence. En un mot, le chamois est une véritable bête d’escalade, qui a de quoi faire rêver les sportifs.

Son cœur

C’est le moteur de son aptitude à la grimp’, cet animal a un cœur « gros comme ça » : 350 grammes pour ses 59 kilos (celui de l’homme est de 250 grammes pour un poids supérieur). Quant à ses globules rouges, ils sont de douze à treize millions par millilitre, soit quatre fois plus nombreux que chez l’homme.

Ses poumons aussi, sont grands : de quoi gravir des dénivelés en un temps record, sans être essoufflé, ni souffrir du mal des montagnes.

Où vit le chamois ?

Avec une telle constitution, le chamois a son domaine dans les zones rocheuses : En France, on recense au total environ 50 000 chamois, répartis entre les Alpes où il est le plus nombreux, les Vosges, le Jura, les Pyrénées et le Cantal. Mais cet animal aime bien aussi, par exemple, l’Azerbaïdjan.

Si cet animal a tendance à prendre de l’altitude, c’est parce que les glaciers se retirent, ce qui l’oblige à remonter plus haut vers les sommets.

Comment l’observer ?

C’est surtout en hiver, que vous apercevrez le plus facilement des chamois : à moins, en été, de faire comme lui, de grimper haut… et de fuir la chaleur, dont il se protège en se cachant sous les buissons. Sinon, s’il y a un névé, les jeunes chamois aiment s’y amuser.

A noter qu’à la fin des années 50, le chamois a été réintroduit dans le massif des Bauges, dans la Vanoise et le Mercantour, après une fâcheuse période où il était la cible des fusils.

Quelle est son alimentation ?

Herbivore, il se nourrit essentiellement de graminées et de fleurs, iris, jonquilles, gentiane. En été dans les Alpes, son plat préféré est le trèfle. En hiver, il se tourne vers le genévrier, le serpolet, la bruyère, le houx et l’if.

Et en cas de disette absolue, il s’approvisionne à même l’écorce des arbres.

Le bézoard, la crotte de chamois

A force de manger des végétaux et des écorces imprégnées de résine, le chamois peut développer une boule dans son estomac : ce bézoard est une concrétion de débris de ces végétaux. Avec le temps, elle peut devenir dure et lisse. La plupart du temps, cela ne les gêne pas : il est très rare qu’elle leur provoque une occlusion intestinale, alors mortelle.

Autrefois, ce bézoard était un porte-bonheur, une sorte de talisman censé guérir des vertiges. Eh oui, le chamois ne connaît pas ces sortes de sensation.

Quelle est la femelle du chamois ?

La femelle s’appelle la chèvre. Plus petite que le mâle (30 à 40 kilos), elle met bas un seul chevreau à la fois, après une gestation d’environ six mois.

Quand naissent les chamois ?

Les petits naissent au printemps, en général au début du mois d’avril.

Entre un et deux ans, le jeune chamois n’est plus un chevreau, mais un « éterlou », appellation occitane pour désigner le « jeune célibataire » qui doit désormais se débrouiller tout seul comme un grand.

La femelle a de commun avec l’être humain de vivre en moyenne plus longtemps que le mâle, soit si tout va bien, environ vingt-cinq ans.

Quant au sens de l’autorité, vous êtes juge : la femelle, surtout âgée et que l’on appelle alors une « bréhaigne », mène le groupe, ou plus exactement la « harde ». Le mâle en fait partie, sauf s’il est vieux : alors, il développe un instinct de solitude.

Quel est le nom du petit du chamois ?

Tout comme la femelle s’appelle la chèvre, le petit s’appelle le chevreau.

Chamois, peau de chamois

Autrefois, on confectionnait des peaux de chamois en traitant le cuir du quadrupède avec de l’huile de poisson : cela donnait des cuirs très souples, prisés en ganterie de luxe.

Quant à la peau de chamois, elle est toujours utilisée pour faire briller les belles carrosseries : à la différence qu’elles sont désormais synthétiques. A savoir si cela est tellement mieux.

Pour en savoir plus

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Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

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