Santé au naturel

Aérophagie, la soulager

Pour se sentir mieux dans son coprs

Le ventre tendu comme une baudruche avec un besoin intempestif d’évacuer ce trop-plein d’air :  l’aérophagie est inconfortable, voire socialement modérément correcte. Apprenez à vous en libérer.

Aérophagie, la soulager

Qu’est-ce que l’aérophagie ?

Manger de l’air est normal

Littéralement « manger de l’air », ce n’est pas une anomalie : c’est même physiquement normal. Nous ne vivons pas sous vide : à chaque fois que nous mangeons, buvons, parlons, nous avalons en même temps de l’air.

Et lorsqu’il digère les aliments, notre intestin libère aussi de l’air ou plus exactement du gaz : c’est même la plus grande partie de l’air contenue dans le tube digestif.

Le seuil de 4 litres d’air par jour

Le tube digestif d’un adulte contient en permanence entre 200 et 500 ml d’air, réparti pour plus la moitié dans le côlon, un gros quart dans l’estomac, et le reste dans l’intestin grêle.

A chaque fois que nous déglutissons, nous avalons en même temps 2 à 3 ml d’air. Or, nous déglutissons en moyenne 2000 fois par jour.

Au total, rien qu’en déglutissant, un adulte avale entre deux à quatre litres d’air par jour… qu’il ne stocke évidemment pas.

Aérophagie ou ventre gonflé

Notre tube digestif se remplit donc d’air d’un côté par la bouche, de l’autre par la digestion. Dans le premier cas, l’excès d’air est de l’aérophagie, dans le deuxième des ballonnements.

La libération de ce surplus d’air s’appelant respectivement des éructations (rots) et des flatulences (pets).

femme ayant mal au ventre

Quels sont les symptômes de l’aérophagie ?

Pas besoin que l’on vous fasse un dessin, vous savez que vous avez mal au ventre : douleur, inconfort de l’estomac trop tendu, bruitages incontrôlables (gargouillis et borborygmes), besoin intempestif de libérer ce trop-plein d’air.



Au bureau, cela a bien dû vous arriver : vous avez tout simplement envie de desserrer votre ceinture et de vous allonger sur la moquette pour que ça passe.

Pourquoi cette odeur désagréable ?

Les flatulences ne représentent que 1% du trop plein d’air que nous évacuons. Mais ce n’est pas celui qui passe le plus inaperçu. En cause, le doux mélange de sulfure d’hydrogène et de méthane, qui exhale un mélange d’œuf pourri et de végétaux en décomposition.

Le professeur britannique Michaël Lewitt s’est penché sur la question : pourquoi sommes-nous les seuls à supporter l’odeur de nos propres flatulences ? Pas de sexisme, celles des femmes sont plus malodorantes que celles des hommes, en raison d’une forte concentration en sulfure d’hydrogène.

Pourquoi faut-on de l’aérophagie ? Les causes

Ne vous sentez pas seul, tout le monde fait un jour ou l’autre de l’aérophagie. Parce que l’on fait tous (presque) les mêmes choses.

Aérophagie et sa façon de manger

Il ne faut pas parler la bouche pleine. La politesse s’appuie sur le bon sens. Parler en mangeant fait avaler un surcroît d’air, de même que manger trop vite ou sans y faire attention. L’inverse, mastiquer trop longtemps, en fait autant. C’est le cas des amateurs de chewing-gum ou de l’enfant qui suce son pouce. A noter qu’une prothèse dentaire inadaptée peut faire avaler trop d’air.

Aérophagie et alimentation

En toute logique, les boissons qui contiennent déjà du gaz (sodas, eaux pétillantes) favorisent ce désagrément. De même que les aliments où l’air entre dans le mode de fabrication (le pain de mie, la meringue, les soufflés).

Les aliments ayant tendance à fermenter la favorisent aussi. C’est le cas des choux, brocolis, légumes secs (haricots secs, pois chiches, lentilles), mais aussi des oignons, salsifis, artichauts, navets, poireaux, asperges, petit pois, champignons, ou encore des fromages fermentés (le brie). Attention également aux aliments riches en graisses, plus longs à digérer. Les frites font avaler beaucoup d’air…

Quant au lait, dont le lactose est souvent mal toléré une fois adulte, il n’est pas en reste dans les aliments qui provoquent ce désagrément. C’est également vrai pour l’alcool, généralement issue de la fermentation.

Si vous associez de la viande rouge avec du chou, en mangeant de la mie de pain, le tout arrosé de vin, vous réalisez le cocktail garantie. Équilibrer son alimentation et limiter certaines associations est donc important.

les sodas favorisent les ballonnements

La fast-attitude

Manger en téléphonant : mal au ventre ? Normal, vous avez avalé trop d’air en même temps. Ne pas assez mastiquer, manger trop vite, boire en mangeant, surtout des boissons gazeuses ou à la paille, parler en mangeant, favorisent l’aérophagie.

Les chewings gums

Résultat garanti : mâcher de la gomme fait saliver, et donc constamment avaler cette salive. Et avec elle, de l’air. Si vous mâcher votre chewing-gum pendant des heures, vous explosez le seuil des 4 litres. En général, vous avez eu envie d’arrêter de mâcher avant… .

Aérophagie : stress et nervosité

Le stress génère des comportements de blocage qui influent sur la physiologie. Les personnes nerveuses ont tendance à déglutir plus souvent et donc à avaler un excès d’air. De façon générale, le stress incite à manger trop vite, à se bloquer la digestion, à perturber son rythme de sommeil qui lui-même impacte l’appétit.

Le prototype est celui qui se nourrit de sandwichs face à son ordinateur, en ruminant ses problèmes professionnels la nuit.

Rhume, grippe…

Lorsque vous avez le nez congestionné, vous respirez par la bouche, ce qui favorise le trop-plein d’air dans le système digestif.

Chez certains, les maux de l’hiver provoquent des gaz.

Aérophagie et giardiase

Plus répandue sous les latitudes chaudes et humides, la giardiase existe aussi chez nous. Cette parasitose de l’intestin grêle se transmet entre êtres humains, mais aussi via son chien ou son chat, après avoir porté sa main souillée à la bouche. Bénigne dès lors qu’elle est traitée, la giardiase provoque des maux de ventre et ballonnements.

Comment se débarrasser de l’aérophagie ?

On ne tire pas la sonnette de son médecin parce qu’on a trop d’air dans le ventre. Sauf si ….

Associée à d’autres troubles digestifs

Si en plus de faire, vous avez des troubles de la digestion, du sang dans les selles, de la constipation, de la fièvre, etc, là, vous devez consulter.

Aérophagie et grossesse

La grossesse ralentit la digestion et favorise les ballonnements. Si l’inconfort est trop important, parlez-en évidemment dans le cadre de votre suivi.

Chez les bébés

En tétant, le nourrisson avale toujours beaucoup d’air : c’est le rituel du « rototo » après le biberon. Cela lui épargne d’avoir ensuite mal à son petit ventre, qui en est à l’apprentissage de la digestion.

Aérophagie : les aliments à éviter

Évitez les aliments « aérés » : c’est tout bête, mais tous les choux, le pain de mie, le soufflet, favorisent l’aérophagie.

Oubliez aussi les aliments riches en lactose, mais privilégiez les yaourts pour rééquilibrer votre flore intestinale.

Évitez aussi les grignotages entre les repas.

 Quel médicament prendre pour l'aérophagie ?

Quel médicament prendre pour l’aérophagie ?

Les bons comportements contre l’aérophagie

Pour se débarrasser de ce trouble digestif, manger lentement et la bouche fermée est la façon mécanique d’éviter d’absorber trop d’air. Afin de faciliter la digestion, privilégiez les petites quantités et ne grignotez pas entre les repas. Attention également ne pas prendre l’habitude de roter, car celle-ci peut virer au tic, sachant que le tiers supérieur de l’œsophage a une musculation volontaire.

Aérophagie : les aliments à éviter

Il est bien sûr nécessaire de rééquilibrer si besoin son alimentation, en supprimant les boissons gazeuses et en limitant les aliments fermentescibles ou trop gras. Cela ne veut pas dire de les rayer de votre menu, mais de faire attention à celui-ci, en privilégiant les aliments qui favorisent la digestion. Ainsi de la pomme et de la poire, riches en fibres, et des yaourts bons pour la flore intestinale.

Remède de grand-mère contre l’aérophagie

Diluez une cuillère à café de bicarbonate de soude et quelques gouttes de jus de citron dans un verre d’eau. Ce remède de grand-mère dissipe les gaz et réduit l’acide gastrique de l’estomac. Un « deux en un » très efficace.

Les remèdes naturels contre l’aérophagie

Dans les restaurants indiens en fin de repas, il vous est proposé du « pan masala », un petit mélange parfumé de petites graines d’anis, de fenouil, de menthe poivrée, etc, qui rafraîchissent l’haleine et aident à la digestion. Ils ont raison !

Aérophagie, la menthe poivrée

Elle fait des miracles. Incorporez deux gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée à une cuillère à café de miel, prenez-la après chaque repas. Normalement, vos ballonnements devraient rapidement s’apaiser.

Aérophagie, le fenouil

Le fenouil est également réputé pour soulager les ballonnements. Vous avez le choix entre le prévoir en légume dans votre repas, le mâcher sous forme de graines, le boire en tisane ou vous masser le ventre avec de l’huile essentielle de fenouil.

Aérophagie, le sirop de sureau

Antispasmodiques, les baies de sureau noir sont réputées soulager les intestins. Vous pouvez préparer une décoction – dans une proportion de 80 grammes pour un litre d’eau, boire un petit verre avant de vous coucher – ou bien en acheter sous forme de sirop. Attention, le sureau est déconseillé en cas de diabète ou d’anémie.




Aérophagie, se masser le ventre

Pour évacuer les gaz, se masser le ventre fait du bien. Allongez-vous sur le dos, un coussin sous les fesses et les jambes repliées vers la poitrine. Placez vos mains sur le ventre, à environ cinq centimètres sous le nombril, puis ramenez-les vers l’extérieur comme pour lisser votre peau, en expirant. Répétez ce mouvement trois fois, puis faites la même chose un peu plus haut et ensuite au niveau du nombril.

Aérophagie et gestion du stress

Si vous êtes stressé, il peut être utile de vous tourner vers des méthodes de relaxation ou le yoga.

Pascale

Née en 1960 à Dakar au Sénégal, Pascale est toujours un peu cet enfant qui a grandi au bord de la mer, même si elle vit aujourd’hui à Paris. Les obligations professionnelles de ses parents l’ont amené à voyager à travers le monde et à rejeter le matérialisme pour se concentrer sur l’humain. Quand elle arrive en France pour faire Sciences Po Paris, c’est un grand décalage qui l’attend. Elle conforte alors sa vision de la vie aux autres jeunes gens de son âge. Elle s’habitue à ce nouveau rythme, mais c’est la perpétuelle recherche du « reste du monde » qui la guide et la mène au journalisme. Elle découvre la radio, elle collabore d’ailleurs toujours à Radio Ethic, puis le média web. Ses domaines de prédilection : le sport, pour sa dimension d’échanges et partages, et l’écologie bien sûr. Elle la vit au quotidien en se déplaçant à bicyclette et trouvant toujours une astuce récup’ pour ne pas acheter neuf inutilement. Elle rejoint l’équipe de Toutvert.fr en 2016, dont elle devient rapidement un pilier central !

Nous vous conseillons aussi

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous vous conseillons aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page