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Les 5 énergies alternatives dont il faut se méfier

Quelles sont les sources d’énergie alternative réellement valables ? Quels sont les enjeux qui pourraient être ignorés du citoyen lambda ? Sommes-nous certains que le terme ‘énergie alternative’ signifie effectivement développement durable et souci de l’environnement ?

Malheureusement, tout ce qui brille n’est pas or : une possibilité énergétique aux perspectives alléchantes peut cacher des problèmes secondaires imprévus. Peut-on alors affirmer que tout ce qui est nouveau est vraiment mieux que ce nous connaissons à l’heure actuelle ?

Il serait plus judicieux de chercher à circonscrire ou à affronter les problèmes liés aux sources traditionnelles énergétiques plutôt que de devoir faire face à de nouvelles urgences. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille pour autant abandonner la recherche de nouvelles solutions.

On dénombre au moins 5 options énergétiques dont nous devrions nous méfier.

1) Kérogène : les fameuses Rocky Mountains américaines, ces chaînes montagneuses aux diverses origines géologiques, renferment d’importants dépôts de carbone et de gisement de gaz méthane. La région des Rocky Mountains recèle une considérable ressource énergétique, similaire au pétrole, appelée justement kérogène. Lorsque la température augmente, il peut se transformer en hydrocarbures solides, liquides et gazeux. Le kérogène se trouve le long du bassin hydrographique de la Green River et couvre en partie le territoire du Colorado, du Wyoming et de l’Utah.

Que le gouvernement autorise le forage des roches et les fouilles minières et l’on serait confronté à une véritable catastrophe écologique. Les experts affirment en effet que, quel que soit les moyens d’extraction, et en dehors de toute considération liée à l’aspect de la fameuse chaîne montagneuse, forcément défigurée, une énorme quantité d’anhydrides sulfureux, de plomb et d’oxyde d’azote serait alors relâchée dans l’atmosphère. Le processus d’extraction exigerait en outre des litres d’eau, diminuant ainsi le débit du fleuve Colorado. Même discours en ce qui concerne l’argilite pétrolifère, récemment définie par Randy Udall, expert du secteur énergétique et promoteur des énergies écologiques, comme la ressource énergétique la moins efficace qui soit. D’autres experts n’hésitent pas à la taxer de ‘pire type de carburant au monde’, capable de détruire un territoire entier.

L’argilite pétrolifère ne représenterait donc pas un remède miracle au manque de sources d’énergie, mais semblerait plutôt une erreur à ne pas commettre. Voyez ainsi le cas de l’Estonie, pays dépendant en partie de l’argilite pétrolifère pour sa production énergique, où l’immense majorité de ses dommages écologiques (pollution atmosphérique mais aussi des eaux) dérive de l’extraction de l’argilite pétrolifère.

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2) Le sable bitumineux : dans ce cas également, le processus d’extraction du sable bitumineux, à partir duquel on obtient un bitume similaire au pétrole, s’avère extrêmement nocif pour l’environnement et pour la qualité de l’air que nous respirons. Certaines entreprises canadiennes, par exemple, ont déjà détruit des hectares de forêt ; dans l’état de l’Alberta, on dénombre dorénavant une augmentation des maladies tumorales et la présence de métaux lourds dans les nappes phréatiques.

Les mines de sable bitumineux exploitent de manière intensive les ressources énergétiques, contribuant substantiellement à l’augmentation du réchauffement de la planète.

3) Le gaz naturel représente une source d’énergie plus propre par-rapport aux carburants fossiles, mais n’en constitue pas moins un danger pour l’environnement. Le processus en permettant l’extraction implique en effet de passer par la fracture hydraulique, ou plus exactement par l’injection dans les gisements de méthane d’un fluide à haute pression, de manière à créer un passage de sortie pour le gaz. Lors de l’extraction du gaz, de grandes quantités de substances toxiques, telles que le benzène, le xylène, le sulfure de carbone, la naphtaline et la pyridine, sont dispersées dans l’air. Cette même extraction nécessite de grandes quantités d’eau, risquant alors de contaminer les bassins.



En 2010, Josh Fox a filmé un documentaire “Gasland”, dévoilant les dangers inhérents à l’extraction du gaz naturel, à partir des nombreux témoignages recueillis au cours de son périple à travers l’Amérique.

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4) Carbone propre : on entend par ce terme la production d’énergie électrique grâce à la combustion du carbone à travers l’utilisation de technologies innovantes. Le but de ce type de source énergétique est de réduire les émissions polluantes. Cela dit, parler de carbone propre ou écologique semble un contresens. En effet, sa production engendre de nombreux aspects négatifs, dont la destruction des chaînes montagneuses. En Virginie occidentale et dans le Kentucky, les sources d’eau potable ont en outre été polluées.

De nombreuses communes américaines, situées en zone montagneuse, doivent dorénavant faire face à des émissions toxiques, à l’érosion et aux alluvions, le tout de manière incontrôlée. Les industries du secteur avaient envisage de freiner les émissions produites par le carbone en le ‘capturant’ dans le sous-sol. Malheureusement, le procédé ne semble pas si évident, et le gaz à effet de serre introduit dans le sous-sol provoque une transformation chimique risquant de contaminer les nappes phréatiques, tout en augmentant les risques de séismes. Enfin, il est bon de se rappeler que la création de carbone propre implique l’usage d’importantes ressources économiques et énergétiques.

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5) L’éthanol : l’éthanol produit à partir du maïs, ou plus exactement la possibilité d’extraire du carburant à partir des épis, semble assurément une solution intéressante, d’autant qu’à la différence des options précédentes, il s’agit là d’une source véritablement renouvelable. Cependant, une analyse plus approfondie en révèle ses limites. Aux Etats-Unis, le secteur s’est fortement développé ces dernières années, grâce aux primes gouvernementales. Première conséquence directe : le prix du maïs s’est envolé.

De nombreux agriculteurs américains se sont donc orientés vers la production de maïs, au détriment des autres cultures et des prairies, habitat des animaux sauvages. La faune sauvage et les zones humides sont ainsi confrontées à un danger réel, que des interventions étatiques avisées pourraient cependant contourner.

La question de l’éthanol suscite de nombreuses controverses entre ceux qui soulignent l’émanation moindre des émissions de monoxyde de carbone et ceux qui insistent sur ses limites. De fait, convertir des plants afin de créer du carburant diminue le nombre de cultures destinées à satisfaire les besoins alimentaires des hommes et, sur du long terme, ne peut que provoquer des problèmes de santé publique et économiques liés au secteur alimentaire.

Anne-Sophie

Anne-Sophie est une traductrice et une rédactrice efficace et professionnelle. Elle a traduit plusieurs articles de toutvert.fr quand il est né et aidé beaucoup à créer le site.

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