Usine Alteo : permis de polluer le parc naturel des Calanques

Voici une actualité qui aura fait grand bruit dans les médias : Aujourd’hui en France, au XXIe siècle, une usine s’est vue renouveler le droit de rejeter ses produits toxiques en plein cœur d’un parc marin : celui du parc national des Calanques.


Oui vous avez bien lu ! À la protection de la biodiversité des espèces terrestres et marines, on privilégie, dans le contexte économique inquiétant, l’emploi et l’économie. Ainsi, l’usine Alteo s’est vue proroger son permis de polluer. Elle pourra par conséquent rejeter au large des calanques et en toute légalité ses eaux industrielles toxiques, chargées d’aluminium, de fer et d’arsenic avec des taux qui dépassent, de surcroît, les seuils légaux de toxicité autorisés – pour produire de l’alumine.

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Ces déchets chargés en métaux lourds qui prennent la forme de boues rouges continueront donc de souiller les fonds marins, pourtant protégé, à 7,7 kilomètres des côtes et par 330 mètres de profondeur, pour encore 30 ans ! Autant dire une éternité. Mais, après avoir passé près de cinquante ans à polluer l’environnement (depuis 1966), qu’est-ce que trois décennies supplémentaires ? Et puis, l’usine ne déverse après tout que 180.000 tonnes de boues rouges chaque année et seulement 30 millions depuis ces cinquante dernières années.

Mieux vaut cacher en mer, et à la vue de tous, ce désastre écologique. Néanmoins, point besoin de s’équiper de son kit de plonger pour voir les méfaits que ces déjections dans le canyon de Cassidaigne peuvent avoir comme conséquences. En effet, avant d’être rejetées en mer, elles sont stockées en plein air offrant un paysage désolé. On peut donc très bien s’imaginer leur impact sur la faune et la flore du fond marin et les espèces qu’il abrite.




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Scandaleux n’est-ce pas ? Mais, le pire dans cette affaire, c’est que cette décision est venue du Conseil d’administration du Parc national des Calanques lui-même ! Quel paradoxe pour le moins étrange alors que la mission d’un parc national est de veiller à la protection des milieux, des espèces animales et végétales, des paysages, et du patrimoine naturel. D’autant plus que, sur sa page d’accueil, le parc se targue de compter près de 140 espèces terrestres animales et végétales protégées et 60 espèces marines patrimoniales.

Les intérêts financiers ne sont pas anodins à cette décision puisque le groupe franco-américain propriétaire de l’usine brandit le spectre du chômage. Des centaines d’emplois se trouveraient menacés car l’usine embauche près de 400 salariés et fait travailler 300 sous-traitants.

Il n’est pas sûr que la ministre de l’écologie puisse changer la donne face au puissant lobbying des grands industriels. D’ailleurs, elle s’est bien gardée de prendre une position tranchée sur la question souhaitant des contrôles complémentaires indispensables avant tout feu vert.




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Il faut dire que, malgré les cinquante ans passés à polluer, on ignore toujours les risques sanitaires pour l’écosystème méditerranéen et pour l’homme.

Mais soyons rassurés, ces rejets s’accompagneront de meilleurs contrôles et d’un suivi des eaux rejetées avec une obligation de rendez-vous tous les cinq ans. Et puis, grâce au progrès de la technologie, l’usine ne déversera plus de boues rouges mais un liquide aussi limpide que l’eau… néanmoins toujours aussi nocif…




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