Recycler les piles usagées : pourquoi, comment ?

Composées de nombreux métaux lourds et toxiques pour l’environnement (entre autres nickel, mercure, plomb,…) les piles usagées sont reconnues comme déchets dangereux en Europe depuis 1991. Un décret (n°99-374 du 12 mai 1999) impose de les rapporter dans les lieux de collecte pour qu’elles ne finissent plus dans les poubelles de déchets ménagers mais bien dans la filière de retraitement adéquat.


Sans ce petit effort de la part des consommateurs, elles viennent polluer les sous-produits des usines et des décharges avec le risque évident de se disséminer ensuite dans l’environnement où elles constituent un danger pour la faune et la flore via fuites et infiltrations dans les sols et/ou les cours d’eau et nappes phréatiques.

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Distributeurs et communes ont donc déployés ensemble un important dispositif de collecte pour que les fabricants et importateurs puissent se conformer à leurs obligations de récupération et d’élimination des piles usagées et accumulateurs. Ils doivent également communiquer au Ministre de l’Écologie et du Développement Durable tout le processus mis en place de la commercialisation à l’élimination de ces produits.

Avec un coût de retraitement estimé à 1 400€ par tonne qui peut paraître exorbitant, l’État et les industriels dépensent près de 20 milliards d’euros annuel pour le tri et le recyclage. Mais, au-delà de la simple protection de l’environnement contre la dégradation des piles en milieu naturel, cette collecte permet également d’économiser de nombreuses matières premières. Ainsi, en traitant 100 tonnes de piles usagées, ce sont 39 tonnes de ferro-manganèse, 20 tonnes de zinc, 2 tonnes de scories et 150 kg de mercure qui sont récupérés et réutilisés, entre autres, dans la robinetterie, les rails de chemins de fer, les gouttières, la peinture anti-rouille.




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Si seuls deux sites en France sont capables de recycler de grandes quantités de piles grâce à leurs fours atteignant plus de 1 200°C, d’autres procédés viennent en renfort. Six sites supplémentaires permettent le traitement des piles, un autre s’occupe des accumulateurs au nickel-cadmium et quatre de plus se concentrent sur les accumulateurs au plomb. Cela porte la capacité de traitement de la filière au-delà de la quantité de mise sur le marché, qui se monte à 20 000 tonnes annuels, d’autant plus que seule une pile sur trois finit réellement dans la poubelle appropriée.

Il est donc indispensable de continuer les efforts en rapportant piles et accumulateurs dans les bacs collecteurs. Outre les déchèteries qui bien évidemment les reprennent, mairies et espaces accueillants le public, grandes surfaces, artisans et commerçants volontaires et même au sein des entreprises, tous sont mobilisés pour faciliter ce petit geste écocitoyen qui doit devenir une habitude.




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