Pollution des océans : un « 7ème continent » de déchets flotte au large du Pacifique

Aujourd’hui le problème de la pollution des océans est énorme : imaginez un siphon géant qui attirerait des millions de tonnes de déchets en un seul et même endroit. Sauf qu’ici, ils ne sont pas évacués comme dans un évier. Ils se regroupent et forment un « continent de plastique » : le septième continent. Grand comme six fois la superficie de la France, ses conséquences sur l’écosystème marin sont désastreuses.

Ce n’est malheureusement pas une chimère : 3,43 millions de km2 de détritus, répartis en deux plaques, flottent au large du Pacifique et forment la « Grande plaque de déchets du Pacifique ». Pire, cette plaque n’est qu’un des cinq gyres océaniques de déchets de la planète. A titre de comparaison, l’océan Pacifique s’étend sur une surface de plus de 166 milliards de km2, soit environ un tiers de la surface totale de la Terre.

« Le septième continent » : 3,43 millions de km2 de déchets flottent au large du Pacifique
La pollution des océans est faite de déchets en plastique en microparticules

On connait leur existence depuis près de 15 ans. Les gyres de déchets sont des témoins de nos excès : dans le Pacifique, 3,43 millions de km2 d’amas de petits morceaux de plastique (dont la profondeur peut par endroit aller jusqu’à 30 mètres) polluent les eaux. En raccourcissant l’échelle, on y trouve près 750 000 déchets par km2, dont 5 kg de plastique pour seulement 1kg de plancton.

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Des chiffres, rapportés par « l’expédition septième continent », qui donnent le tournis et un constat qui a profondément marqué Patrick Deixonne, à l’initiative de la mission. Navigateur, Patrick Deixonne rencontre un des 5 gyres de déchets pendant une tentative de traversée de l’Atlantique à la rame : « on a par exemple croisé des par-chocs de voiture au milieu de l’océan », rapporte-t-il désabusé.

« Le septième continent » : 3,43 millions de km2 de déchets flottent au large du Pacifique
269 000 tonnes de déchets flottent au large du Pacifique

Patrick Deixonne est aujourd’hui le chef de mission de « l’expédition 7e continent », opération qui a pu voir le jour grâce au partenariat entre le CNES, la Nasa et la NOAA et qui vise à « rapporter un témoignage […] de cette nouvelle catastrophe écologique […] directement liée au comportement de l’homme. »

Si ce n’est pas à proprement parler une mission scientifique, l’opération aura tout de même pour objectif de mieux comprendre ces gyres : « en collaboration avec des laboratoires de recherche, nous allons tirer profit de notre déplacement pour collecter des données et faire des prélèvements qui permettront d’améliorer la connaissance du phénomène », lit-on sur le site officiel du projet.

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Mais comment se forment les plaques de déchets ? Sous l’effet des gyres océaniques, les déchets des quatre coins du monde s’accumulent en 5 principaux endroits du globe, dont la spectaculaire Grande plaque de déchets du Pacifique.

« À l’image d’un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus de notre société », vulgarise le site notre-planete.info. Avec des conséquences désastreuses pour les écosystèmes présents : « dans cette zone la plupart des morceaux de plastique sont très petits. […] En fait ils ont la même taille que le plancton dont se nourrissent les poissons»

« Le septième continent » : 3,43 millions de km2 de déchets flottent au large du Pacifique
La pollution des océans est colossale : un véritable « septième continent » de 3,43 millions de km2 de déchets flottent au large du Pacifique

Alors quels sont leurs impacts ? Des effets sur les espèces présentes dans ces eaux, mais pas seulement : le plastique agit comme une éponge, fixant de nombreuses toxines dont des polluants organiques persistants (POP), connus pour leur nocivité et leur volatilité. « Ainsi, Bisphénol A, phtalates, DDT et PCB se retrouvent dans ces morceaux de plastique à des concentrations jusqu’à 1 million de fois supérieures aux normales », continue-t-on de lire sur notre-planete.info.

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Un triste constat qui en appelle un autre, plus dérangeant encore :« le nettoyage de cet océan de déchets semble insurmontable, la superficie à couvrir est trop importante et les coûts seraient colossaux. Selon Marcus Eriksen, directeur de recherche et d’éducation à la Algalita Marine Research Foundation : il n’y a rien que nous puissions faire maintenant, à l’exception de ne pas faire plus de mal », rapporte notre-planete.info.

Comments

  1. gregos69 says

    Un centaine de chalutiers avec des filets pendant 1 an .Cette pollution réduirait comme neige au soleil.
    Une simple question de volonté….
    DOMMAGE!!!!

  2. says

    Même Si ça coûte chère il n’est jamais trop tard pour bien faire. Même si il faut 50 ans pour nettoyer tout ça.
    Mais il faut faire quelque chose!!!

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