Le maïs mexicain a-t-il été contaminé par les OGM ?

En octobre dernier, les permis d’importation et de culture de maïs transgénique ont été suspendus par un juge du tribunal de Mexico. Cette décision a été prise afin de maintenir le principe de précaution, concernant un sujet polémique en Amérique latine, et plus particulièrement au Mexique, berceau du maïs.


En octobre 2009, le gouvernement mexicain avait délivré des autorisations permettant de semer à titre expérimental du maïs transgénique. En 2010, après plus de 10 ans de moratoire sur la culture du maïs génétiquement modifié, 1000 hectares de maïs transgénique avaient été autorisés.

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Mais avant ces expérimentations, plusieurs interrogations avaient ébranlé le Mexique, concernant une éventuelle contamination du maïs par les OGM, en début de siècle.

En 2000, David Quist, écologiste microbien, de l’université de Berkeley, Californie, a effectué des recherches dans les cultures mexicaines. Les analyses génétiques du scientifique ont alors révélé que le maïs produit dans les montagnes d’Oaxaca (Mexique) contenait un segment de l’ADN du maïs transgénique, conçu pour résister aux insectes et tolérer le Glyphosate, l’herbicide vendu par la firme américaine Monsanto.




Le biologiste publia son étude dans le magazine Nature, expliquant que la céréale avait probablement croisé avec les variétés génétiquement modifiées, provenant des États-Unis.

Peu après la publication, la polémique enfla. La firme Monsanto fut visée par des critiques et accusé d’avoir contaminé le maïs dans son lieu d’exploitation considéré comme sacré. Mais face à ces accusations, les techniques mises en œuvres par David Quist pour arriver à ces conclusions ont été par la suite remises en cause. Nature retira son soutien à l’étude en 2002, affirmant que les preuves disponibles n’étaient pas suffisantes pour en justifier la publication.

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De plus, une autre étude effectué par l’écologiste Allison Snow, publiée en 2005, affirmait que le maïs d’Oaxaca ne contenait aucune séquence transgénique.




Mais en 2009, d’autres recherches ont été effectuées, menées par Elena Alvarez-Buylla, de l’Université nationale autonome du Mexique. L’étude démontra finalement une contamination du maïs cultivé dans l’État d’Oaxaca, sur un petit pourcentage de graines.

La communauté scientifique reste tout de même divisée sur la manière dont les transgènes ont infiltrés les cultures mexicaines. Elena Alvarez-Buylla tenta alors d’alerter l’opinion sur les conséquences d’une éventuelle propagation. En effet, une fois que les transgènes sont présents, il devient très difficile, voire impossible de s’en débarrasser. La scientifique avançait que la présence de ces transgènes peut à long terme nuire à la santé du maïs contaminé.

Sur ce sujet encore, les avis divergent. Allison Snow expliquait qu’il n’existe aucune preuve de conséquences négatives. De plus, si les transgènes se propagent sur d’autres plantes, ils auront des effets neutres ou bénéfiques sur ces dernières, affirmait l’écologiste.

Aujourd’hui, le mystère reste entier sur les raisons d’une propagation d’OGM dans ces cultures. Comme le rappelait en 2008 le site Developpementdurable.com, l’hypothèse la plus fréquemment énoncée est l’importation illégale d’OGM par des agriculteurs mexicains.




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