L’impact de la production de viande bovine sur les ressources de la planète

Une des menaces qui pèse actuellement sur notre écosystème provient de notre alimentation et plus particulièrement de notre sur-consommation de viande rouge.


Quand on parle de développement durable, on ne peut pas éviter de mentionner la diète des sociétés plus opulentes, riche de cet aliment hyperprotéique. La viande, en effet, est un des produits les plus dispendieux, inefficaces et polluants et de plus, requiert une consommation très élevée de ressources naturelles. En particulier l’élevage intensif pour augmenter la productivité et la rentabilité. C’est comme ça que se retrouve, dans un espace très restreint, un nombre très élevé d’animaux. Cette manière d’élever les animaux est contre-nature et a largement recourt à l’exploitation des ressources environnementales. Il y a au moins sept raisons qui portent à penser que la production de la viande est nocive pour l’écosystème :

Dégradation des sols

Même s’il s’agit d’une donnée sous-estimée, l’élevage intensif des animaux est en grande partie responsable de l’érosion des sols, phénomène qui atteint son stade le plus grave avec la désertification de l’environnement. La dégradation des sols peut survenir à la suite d’une exploitation excessive des pâturages : le bétail dessèche la terre avec ses sabots et arrache la végétation (souvent jusqu’aux racines qui maintiennent le terrain) ce qui a pour conséquence, l’érosion des sols. D’autres causes peuvent expliquer ce phénomène comme par exemple l’élevage intensif. En effet, la culture des aliments pour les animaux d’élevage demande de vastes terrains.

Déforestation




Un des exemples les plus significatifs des dommages environnementaux causés par la production massive de viande est celui de la forêt Amazonienne où 88% des zones déboisées sont consacrées au pâturage. Au Brésil, d’après les données fournies par le CIFOR (Centre pour la Recherche Forestière Internationale) et par le INPE (Institut pour la Recherche Spatiale du gouvernement brésilien), en l’espace de 6 ans (1997 – 2003), les exportations de viandes bovines ont augmenté de 600 %, surtout à destination des pays européens.

Pollution chimique

La pollution des sols et des eaux est aussi liée à l’élevage intensif du bétail et à la lourde exploitation du terrain au profit des monocultures destinées à alimenter les animaux. Cette forme de pollution est apparue dans les années 50 à cause du recourt systématique aux fertilisants chimiques, de synthèse et aux pesticides. Selon la FAO, 50% de la production mondiale de céréales et 90% de celle de soja sont destinées à la nourriture pour bestiaux.

Consommation d’énergie




La production de viande, surtout bovine, repose sur un système inefficace : l’économiste Frances Moore Lappé (« Diet for a Small Planet », New York, Ballantine Books, 1982, pp.69-71) a calculé qu’en seulement un an, 145 millions de tonnes de céréales et de soja ont été produites aux États-Unis et, de leurs transformations, on été retirées seulement 21 millions de tonnes de viande, de lait et d’œufs. La disproportion entre la quantité employée et la quantité finale est énorme ! Près de 124 millions de tonnes de nourritures gaspillées qui auraient pu nourrir des populations sous alimentées.

Consommation hydrique

La consommation d’eau pour la production des céréales, pour l’abreuvage des animaux ainsi que pour le nettoyage des étables est un des facteurs de majeure consommation des ressources hydriques mondiales et cela crée un profond impact sur l’économie des ressources de la planète. La donnée fournie par le site Web Water Footprint géré par l’université de Twente (pays Basques) et UNESCO-IHE Institut For Water Education à de quoi faire réfléchir : 16.000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de viande de bœuf !

Recyclage des excréments

Une autre conséquence de élevage intensif de bétail est la difficulté à gérer les excréments du bétail qui, dans des conditions d’élevage traditionnel, représenteraient au contraire une grande ressource pour la fertilisation du terrain. Dans les élevages intensifs « sans terre », le type d’élevage le plus diffusé actuellement dans les pays développés, la quantité d’excréments produits par une seule vache à lait est égal à celle produites par 20-40 personnes. Il est évident que les excréments, dans ces proportions, ne réussissent pas à être assimilés par le terrain. Ainsi, là où sont écoulés les excréments de manière « naturelle », se créent de véritables désastres environnementaux à cause des conditions d’insalubrité qu’ils répandent dans l’environnement.




Réchauffement global et pluies acides

Le bétail produit directement du gaz à effet de serre lors de la digestion, en particulier dans le cas des bovins, il s’agit d’un gaz fortement polluant comme le méthane. Certaines études ont par ailleurs révélé que le contenu élevé d’ammoniac dans les excréments des animaux pourrait être à l’origine du phénomène des pluies acides.

Si les ressources de la planète nous tiennent à cœur, il est urgent de se questionner sur notre propre consommation alimentaire pour arriver à une diète plus équilibrée dans laquelle la viande soit sinon interdite, au moins limitée.