Les matériaux biosourcés : une réelle promesse écologique ?

C’est bien connu, les produits de construction ont tous un impact plus ou moins lourd sur l’environnement. Depuis quelques années, les matériaux biosourcés s’invitent dans les filières du bâtiment pour apporter une réponse durable au regard des ressources et des consommations énergétiques.


Qu’est-ce qu’on entend par matériaux biosourcés ?

Ce sont des matériaux issus de la biomasse végétale, animale ou d’éco-matériaux comme la terre crue ou la pierre. Parmi eux on retrouve principalement des matériaux isolants (bois, paille, chanvre, plume, laine, miscanthus, ouate de cellulose …) mais aussi des produits chimiques (colles, adjuvants, peintures), des composants (panneaux en fibres végétales, matrices, renforts) et du béton (de bois, chanvre, lin).

On pense souvent que les matériaux biosourcés sont des matériaux naturels et meilleurs, à la fois pour l’environnement et la santé. Mais comme pour tous les produits de construction, ils subissent un processus de fabrication et de mise en œuvre. Ils sont transformés en somme, et contiennent pour une grande partie des additifs dans des proportions variables, qui eux, ne sont pas biosourcés. On ne peut donc pas affirmer que ces matériaux soient 100 % naturels. En revanche, certains d’entre eux ont l’avantage d’être très peu transformés.

Comment évaluer le réel impact sur l’environnement de ces « éco-matériaux » ?




Il faut considérer les énergies et émissions produites sur l’ensemble de la durée de vie du matériau : consommation d’énergie, d’eau, les déchets produits lors de l’exploitation, les pollutions et gaz à effets de serre émis. C’est ce qui est fait lors de l’analyse de cycle de vie, qui détermine le caractère écologique d’un produit. On parle alors en termes d’énergie grise, qui quantifie l’énergie nécessaire à la production, l’extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l’utilisation, l’entretien et le recyclage.

Si, par exemple, on choisit de la laine de mouton pour refaire l’isolation de sa maison, mais que la bête en question vit à plus de 500 km, le coût des transports va peser lourd dans la balance (au niveau énergétique et pollution). Pour comparer la performance « écologique » d’un produit à un autre, il faudrait pouvoir confronter leurs analyses de cycle de vie et connaître leurs comportements sur le long terme.

Faut-il privilégier ces produits ?

Même si la construction biosourcée commence à sortir du domaine expérimental pour rentrer dans la vie de tous les jours, on manque encore d’informations et de recul sur ses performances réelles.




Toutefois, ces matériaux présentent des caractéristiques intéressantes et des marges de progrès prometteuses. Il est vrai que le secteur du bâtiment représente entre 5 et 10 % de toutes les émissions de CO2 à l’échelle planétaire. Les matériaux présentent un enjeu à la fois pour le logement et pour lutter contre la pollution.

Ils répondent à un besoin de « retour au naturel » et de « durabilité », à la fois sur le plan environnemental, de la santé mais aussi économique, pourvu qu’ils ne nécessitent pas de longs transports. Dans ce cas, le produit valorise les ressources locales et amène à une économie circulaire.

Il faut donc réfléchir au coût global au-delà de l’aspect « écolo », se poser la question de la provenance, de la mise en œuvre. Pour estimer l’impact de ces matériaux, les fabricants fournissent des fiches de déclaration environnementales et sanitaires, qui exposent les résultats des analyses de cycle de vie. La filière est encore récente, il est préférable de privilégier les produits certifiés ou porteurs d’une évaluation technique reconnue.

Quel avenir pour cette filière ?

Aujourd’hui, la maturité technologique est atteinte. L’association Construction & Bioressources, qui aide au développement de la filière, assure que les produits vont se démocratiser rapidement et à des prix très concurrentiels.

Il se pourrait bien que les matériaux biosourcés soit le matériau de l’avenir. En anticipant le cadre normatif, ils offrent des avantages à la fois au niveau de la construction et de la rénovation. D’ici 2020, toujours selon cette association, le taux d’incorporation de ces matériaux pourrait dépasser les 10 %.




Comments

  1. says

    Merci pour avoir mis en avant ces ressources biosourcées. Je ne connaissais pas ce terme mais les matériaux et constructions plus respectueuses de la planète commencent à devenir de plus en plus populaires. Notamment grâce à l’essor du bois qui est très esthétique et non onéreux !

  2. says

    La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, confirme l’intérêt de l’usage de ces matériaux pour des applications dans le secteur du bâtiment en précisant dans son article 5 que: « l’utilisation des matériaux bio-sourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles » et qu’elle « est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments ».

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