Le Japon, l’autre pays du commerce d’aliments bio de proximité

Les Occidentaux, qui gardent du Japon l’image d’un pays de haute technologie, ont peine à imaginer qu’il est le berceau de réseaux de commerce d’aliments bio de proximité, les teikei (coopération, en japonais).


Des millions de consommateurs participent à l’un de ces collectifs, un véritable fait de société. Toutes les semaines, ils vont à la rencontre des producteurs de leur teikei pour prendre livraison de leur panier de denrées, composé majoritairement de légumes.

Le système naît à la fin des années 1960, alors que le Japon jouit d’une croissance économique et industrielle très forte. La pollution devient un problème de société, et l’alimentation est touchée par l’utilisation intensive d’intrants chimiques.

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Un groupe de mères urbaines sollicite alors des agriculteurs et crée un premier teikei autour de coopératives laitières. Il s’agit d’un système de vente directe basé sur une relation de confiance. Les consommateurs alimentent une souscription représentant une avance sur la livraison de denrées alimentaires. Elle sécurise les revenus des agriculteurs, qui s’engagent de leur côté à produire « propre »,’ selon un plan établi en début de saison d’un commun accord entre les parties (sur les variétés, les quantités, etc.).




En 1978 apparaît une charte des teikei. Le premier point, le plus important pour ses promoteurs, donne le ton de la philosophie du mouvement. Il s’agit d’abord de « construire une relation amicale et créative, et pas seulement de se comporter en partenaires économiques ». Les prix sont fixés par le producteur, mais « dans l’esprit d’apporter un bénéfice mutuel » aux parties.

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La vente directe permet de pratiquer des tarifs très compétitifs par rapport à ceux des circuits conventionnels. Au fil des ans, les teikei ont contribué à établir un système agro-écologique performant, entretenant la biodiversité.

Les teikei ont inspiré différents mouvements à travers le monde entier, comme, aux États-Unis, certains groupes de Community-Supported Agriculture (CSA, agriculture soutenue par la communauté), puis, par ricochet, des initiatives européennes, notamment les associations de maintien d’une agriculture paysanne (Amap), nées en 2001 en France. Des groupes similaires aux teikei existent dans une quinzaine de pays.




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