Le doggy bag, la solution anti-gaspillage des sorties resto

Qui n’a jamais laissé une partie de son plat dans son assiette à la fin d’un repas au restaurant ? La faute à un plat trop copieux ou à un petit appétit, ces restes termineront irrémédiablement à la poubelle alors qu’ils auraient encore pu être consommé le lendemain. La solution ? Le doggy bag bien sûr !


Si il peine à s’imposer en France, son utilisation est largement répandue dans les pays anglo-saxons. Aux USA ou au Canada par exemple, certains restaurateurs ne se donnent même plus la peine de le proposer mais vous l’amènent directement avec l’addition. En France, c’est une autre histoire.

Bernard Boutboul, directeur général du cabinet spécialisé Gira Conseil analyse parfaitement ce blocage qu’il juge culturel. Les clients sont gênés de repartir avec leurs restes du restaurant. Et après plusieurs tentatives vouées à l’échec dans les années 90 puis 2000 pour faciliter cette pratique, les restaurateurs ont cessés de proposer un doggy bag aux consommateurs qui sont maintenant embarrassés de demander.

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Claude Fisher, sociologue, spécialiste de l’alimentation au CNRS, le confirme : le terme « doggy bag » en lui-même pose problème puisqu’il fait référence à la volonté de donner ses restes au chien. Et de considérer l’aliment entamé comme un déchet, il n’y a qu’un pas que le client franchit allègrement ! D’où une honte certaine à solliciter le restaurateur quand on souhaite conserver ses restes pour en faire son repas du soir ou du lendemain midi.




Mais les mentalités évoluent d’un côté comme de l’autre. Certains restaurants en ont fait leur atout comme Le Goyavier à Paris qui propose depuis son ouverture en 1986 à ses clients de repartir avec des barquettes contenant leurs restes. Si ses clients sont surpris, le patron confirme qu’ils sont tous ravis de pouvoir le faire. Après tout, quand on paye son plat en entier, ce n’est pas très réjouissant de savoir qu’une partie finira au rebus.

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Nous sommes par ailleurs de plus en plus éduqués à lutter contre le gaspillage et la crise aidant, de nombreuses initiatives voient le jour. Le site Rest-o-resto.com par exemple liste les restaurants qui s’inscrivent dans cette démarches et se feront un plaisir d’emballer la fin de votre assiette sans surcoût. De quoi démystifier et décomplexer la démarche.

Notons également la création de l’entreprise Trop bon pour gaspiller qui, après une demande de financement sur KissKissBankBank, propose désormais aux restaurateurs une boîte en carton recyclable/compostable qui se ferme facilement et peut se mettre au four.




La promotion du doggy bag s’inscrit également dans le projet de réduction des déchets. En jetant en moyenne entre 210 et 230 grammes de repas par personne, ce sont d’autant les poubelles des restaurants qui gonflent. Les restaurateurs seraient ravis de voir leurs clients repartir avec cette nourriture.

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Aussi dès 2016 et dans le cadre du Plan anti-gaspi du gouvernement qui vise à réduire de moitié le gaspillage d’ici 2025, les établissements servant environ 180 repas par jour seront tenus de trier et de valoriser leurs déchets alimentaires sous peine de se voir infliger de lourdes amendes.

On peut s’attendre très prochainement à se voir proposer de rapporter chez soi les bons petits restes de nos sorties resto ou d’oser enfin demander à emporter ce que l’on a aimé et payé.

Sachant que plus d’un tiers de la production alimentaire pour l’homme est perdu ou gaspillé, il est urgent de trouver des solutions pour lutter contre ce phénomène. Et les sorties au restaurant ne sont pas à oublier grâce au doggy bag !




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