La géothermie : sous les pavés l’énergie !

Une source d’énergie inépuisable, constante, fiable et potentiellement propre à 100 %. Cela ressemble à la définition idéale de l’énergie renouvelable ; c’est la promesse qu’offre la géothermie.


Car notre Terre est chaude. Elle stocke de l’énergie thermique produite par deux sources différentes. Le rayonnement solaire réchauffe d’abord une fine couche de quelques mètres sous nos pieds. La température y est modérée mais stable (entre 10°C et 14°C en moyenne en France).

Puis, au fur et à mesure que l’on s’enfonce sous terre, la chaleur augmente. D’environ 4°C tous les 100 mètres. Ce n’est plus le Soleil qui est ici responsable mais les roches radioactives enfouies dans le manteau terrestre, qui produisent de la chaleur en se désintégrant. Plusieurs kilomètres sous terre, les roches dépassent ainsi les 150°C.

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Mais comment peut-on tirer parti de ces immenses réserves d’énergie ?




Aujourd’hui de deux façons : soit en récupérant directement la chaleur pour se chauffer, soit en l’utilisant pour produire de l’électricité.

La première méthode est actuellement la mieux maîtrisée et la plus développée. Notamment via des pompes à chaleur, qui utilisent la géothermie à très basse énergie. Deux circuits d’eau, l’un enterré près de la surface et l’autre sous le sol du bâtiment, récupèrent et se transmettent la chaleur pour la délivrer aux pièces à chauffer. Le système est efficace mais la chaleur modérée captée en faible profondeur (moins de 30°C) implique l’utilisation complémentaire d’électricité pour faire monter la température du liquide de chauffage. De plus en cas de grand froid, il peut être nécessaire de disposer d’un chauffage d’appoint pour compléter la puissance du système.

La géothermie à basse énergie permet un chauffage plus puissant. Elle utilise la chaleur plus profonde (à au moins 200 mètres) dans les zones où l’eau est déjà présente dans la roche. On peut alors la puiser et transmettre à un circuit de chauffage secondaire une chaleur supérieure à 60°C.

Mais lorsque l’on atteint des températures encore supérieures, on peut transformer cette chaleur pour produire de l’électricité. Cette géothermie à haute énergie est accessible aux endroits particulièrement chauds de la surface de la Terre : dans les zones volcaniques. De l’eau très chaude et relativement peu profonde peut y être puisée pour venir alimenter, sous forme de vapeur, des turbines qui produiront de l’électricité.




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Enfin, en dehors de ces zones propices, on tente également de récupérer la chaleur terrestre par géothermie stimulée. Encore expérimentale, cette technique consiste à injecter très profondément (5 000 mètres) de l’eau, puis la pomper une fois qu’elle a récupéré la chaleur de la roche à 200°C. La vapeur peut ensuite alimenter des turbines de façon classique. La France est pionnière sur cette technique avec l’inauguration en 2008 de la première centrale électrique à partir de géothermie profonde, à Soultz-Sous-Forêts (Bas-Rhin). Elle fournit une puissance de 1,5 MW au réseau électrique de Strasbourg.

Encore marginale à côté d’autres filières renouvelables comme l’éolien, la géothermie est pourtant en pleine expansion. En 2005, plus de 70 pays l’utilisaient déjà pour produire de la chaleur. En France, près de 19 500 pompes à chaleur ont été vendues en 2008. Et malgré un ralentissement qui a suivi la crise économique, plus de 120 000 maisons individuelles sont aujourd’hui chauffées dans l’Hexagone grâce à la géothermie.

Utiliser la chaleur de la Terre pour lutter contre le réchauffement du climat, cela pourrait être le slogan de demain !




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