Déjouez les pièges du marketing nutritionnel !

Davantage soucieux de sa santé, le consommateur s’inquiète de plus en plus de ce qu’il a dans son assiette. Loin d’effrayer les spécialistes du marketing, cette nouvelle tendance a, au contraire, fait naître une nouvelle stratégie : le marketing nutritionnel, particulièrement présent depuis une vingtaine d’années.

Face à ce constat, Pierre Chandon, chercheur et directeur du Centre de recherches en sciences sociales de l’Insead à Fontainebleau, s’est penché sur le lien existant entre le marketing et la nutrition.


D’après son étude, trois grandes actions marketing se sont profilées ces vingt dernières années :

  • Premièrement, l’augmentation de la taille des portions ;
  • En second, le développement de la communication nutritionnelle dont notamment les messages publicitaires et ceux inscrits sur les emballages ;
  • Enfin, la fusion dans un même plat d’aliments catégorisés “bons” et “mauvais” pour la santé.

Autre constat, le consommateur préfère un aliment pour sa qualité plutôt que pour sa quantité. Ainsi, la plupart des personnes, persuadées d’avoir acheté de la nourriture saine, terminent leur assiette, peu importe sa quantité.

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En outre, lorsque ces consommateurs font leurs courses, ils se fient uniquement aux indications visuelles. Ainsi, le poids des aliments est davantage déterminé par le volume du condiment que par les informations présentes sur l’emballage.




Grâce à de nombreuses expériences dans le domaine, le chercheur Pierre Candron a pu mettre en avant la faible fiabilité de ces indications, d’autant plus pour les grandes portions. A cet égard, il affirme que la plupart des consommateurs, y compris les professionnels de la santé, sous-estiment les grandes portions. Personne n’arrive à en donner le nombre de calories exactes. Son conseil : analyser chaque élément un à un pour déterminer la quantité précise d’un plat. Et s’il s’agit d’un seul produit, il suffit de lire l’information sur l’emballage.

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Les experts du marketing alimentaire combinent à la fois des messages tels que “faible teneur en matière grasse” et peu d’informations sur les emballages. Même si celles-ci sont obligatoires, elles figurent souvent au dos du paquet et n’attirent pas l’œil du consommateur.

Très en vogue, le light séduit. D’ailleurs, sous prétexte qu’un produit est light, certaines personnes n’hésitent pas à en consommer le double. Pourtant, on le sait, le light n’est pas spécialement meilleur pour la santé.




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Pour faire face à ce marketing nutritionnel, Pierre Chandon nous propose d’avoir un esprit plus critique. Il suggère paradoxalement de privilégier la quantité à la qualité, à l’inverse de ce que nous dictent les professionnels du marketing alimentaire.




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